blog du Npa 29, Finistère
L’entreprise quimpéroise Cummins filtrations a-t-elle abusé du travail temporaire, normalement utilisé pour des remplacements ?
Entre 2007 et 2008, alors qu’elle enregistrait des bénéfices records, la société a employé 120 intérimaires de façon régulière sur un effectif total de 500 salariés. Soit 25 % du personnel.
À la barre du tribunal correctionnel de Quimper (Finistère), ce jeudi, le directeur Jean-René Mouttet, a nié tout abus. « Seulement, à cette période, nous avons dû faire face à une surchauffe, une suractivité. » Cummins - 130 millions de chiffre d’affaires, 15 millions de filtres à carburant fabriqués chaque année et filiale d’un groupe américain - a dû soudainement honorer de nouvelles commandes au Brésil, en Inde… « Une quatrième ligne de production venait aussi d’être lancée. Cela nous obligeait à avoir recours à du personnel supplémentaire. »
« Situation caricaturale »
L’inspecteur du travail, Daniel Chever, à l’origine de la procédure, a balayé ces arguments d’impératifs industriels. Pour lui, il s’agissait plutôt pour l’entreprise de se constituer, dans une période faste, « un matelas de sécurité dont on pouvait assez aisément se débarrasser. La situation était si caricaturale, que certaines lignes ne fonctionnaient qu’avec des intérimaires. Ils formaient même les nouveaux arrivants. »
Les contrats étaient à la journée, sur deux jours, ou du lundi au vendredi. Jamais plus. Pour Daniel Chever, « cette affaire est emblématique d’une pratique très répandue. Le code du travail dit que la forme normale du contrat de travail est le CDI, mais aujourd’hui, la précarité dure excessivement longtemps partout. »
La procureur, Hélène Geiger a réclamé des peines d’amende et l’affichage de la décision à l’encontre de la société, qui emploie aujourd’hui 384 CDI et 25 intérimaires. Le tribunal rendra sa décision le 1er mars.