blog du Npa 29, Finistère
25 août 2012
Depuis la nuit de jeudi à vendredi, les sans-papiers expulsés de la mairie occupent l'école maternelle Levot. L'entraide continue et une bataille administrative s'organise.
Les sans-papiers qui occupaient le hall de la mairie de Brest depuis le 10 août ont été expulsés, jeudi, en fin d'après-midi (notre édition d'hier). «Il était, pour nous, hors de question de les
laisser coucher dehors, compte tenu des conditions météo prévues pour aujourd'hui (hier, NDLR)», expliquent Thierry Chancerel et Alain Jolivet, militants de la cause des sans-papiers à Brest. Dans la nuit de jeudi à vendredi, les 16 demandeurs d'asile, essentiellement kosovars
et albanais ainsi qu'un Somalien, ont trouvé refuge dans l'école maternelle Levot, rue Sully-Prudhomme. Désaffectée depuis deux ans, l'école faisait partie,
depuis plusieurs jours déjà, du plan B des militants locaux.
Un référé en début de semaine prochaine
«C'est pour nous la meilleure solution: l'école a déjà été squattée par le passé et était restée ouverte. Nous n'avons pas eu àentrer par effraction. De plus, il y a
toujours de l'eau, des sanitaires et de l'électricité, ce qui permet d'accueillir les sans-papiers dans des conditions décentes». Les militants, qui sont en
contact avec un avocat, sont déterminés à obtenir une solution de relogement. «Nous allons attaquer la préfecture du Finistère car ils sont dans l'obligation de loger ces personnes tant que leur
dossier de demande d'asile n'est pas statué. C'est la loi».
L'entraide s'organise
Hier, dans la matinée, un huissier est venu constater la présence des sans-papiers et leur a, de nouveau, notifié un avis
d'expulsion qui devrait intervenir lundi ou mardi au plus tard. Les militants, de leur côté, préparent la risposte. «Nous espérons que notre avocat pourra déposer un référé mardi pour une
audience au tribunal administratif en fin de semaine prochaine». En attendant, l'entraide s'organise autour des 16 sans-papiers. Les militants se relayent jour et
nuit pour assurer une présence continue auprès des sans-papiers. Des familles ont fourni de la nourriture et des vêtements, tandis que le Secours catholique
participe également (nourriture, produits d'hygiène,etc.). De quoi faire face à une situation délicate qui pourrait durer encore longtemps.
Commentaire, au niveau du vocabulaire:
Emigré(e) : Toute personne qui va travailler à l'étranger, y compris des français émigrent.
Immigré(e): Toute personne qui n'a pas la nationalité et qui vit et travaille ici. Les papis et mamies qui viennent voir leurs petits enfants pendant les vacances,
s'ils sont des pays pauvres, sont traités en "immigré(es)" et expulsés, bien qu'ils ne veulent pas rester! (Ainsi que des bus entiers de touristes qui rentrent, pour le chiffre).
Sans papiers: Immigré "clandestin". Souvent employé "légalement" par des patrons trop heureux de baisser les salaires.
Réfugié(e): Rersonne pourchassée dans son pays et demandant l'asile. Protégé par des lois internationales. Sensément. C'est de celles là dont il est question à Brest.