blog du Npa 29, Finistère
Dans les rangs, certains défendent clairement le plan de continuation de Charles Doux, comme cette salariée du site de Pleucadeuc : « Nous souhaitons la poursuite de l'activité. Même si Charles Doux ne reprend qu'un tiers des salariés, c'est le moins pire. » Le consortium de reprise mené par Sofiprotéol ne propose en effet aucune offre pour ce site du Morbihan.
D'un autre côté, ils sont nombreux à vouloir que « Charles Doux dégage » ! « Il nous a menés en bateau pendant des années. Aujourd'hui nous souhaitons quelqu'un de sûr et de plus sérieux. »
Pour ces salariés excédés, Sofiprotéol « propose un projet industriel concret et pérenne pour l'avenir ». Chacun ici se bat pour son emploi, et après deux mois d'attente, les tensions sont vives. Au point que certains salariés sont allés jusqu'à invectiver le maire de Pleucadeuc, favorable au plan de Charles Doux.
Émotion palpable
Les syndicats aussi sont partagés. La CFDT et la CGT ne se sont pas encore prononcées pour l'une ou pour l'autre des solutions. La CFTC de Françoise Lavisse penche pour le consortium de Sofiprotéol ou pour « un mixte entre le plan de Charles Doux et des repreneurs pour le pôle frais ».
FO de son côté est clair et c'est non sans une émotion palpable que Nadine Hourmant a clamé son soutien à Sofiprotéol : « Charles Doux nous a menti, trompé pendant des années. Alors, on dit oui à Sofiprotéol car ce sont des industriels qui travaillent dans la filière. » La délégation FO qui a d'ailleurs apporté symboliquement un cercueil rempli de poulets devant le tribunal de commerce de Quimper.
Motion remise au préfet
Les élus de la communauté de communes de Châteaulin et du Porzay (CCPCP), mais aussi des Côtes-d'Armor ou du Morbihan, sont restés plutôt calmes dans le cortège mais ils ont déposé une motion au préfet du Finistère avant de rejoindre le tribunal et de rencontrer le procureur.
L'ensemble des maires de la CCPCP a signé cette motion.
Ils souhaitent que « tout soit mis en oeuvre pour préserver les emplois, qu'une solution globale soit privilégiée pour ne pas démanteler le groupe, maintenir les organes de décision à Châteaulin, et enfin que l'activité et le développement de la filière avicole française soient assurés ».
Richard Ferrand, député PS de la circonscription Châteaulin-Carhaix, a rappelé la position du gouvernement : « Nous n'investirons que dans un projet industriel fiable. Il n'y aura pas d'argent public si l'emploi et la réindustrialisation de l'entreprise ne sont pas assurés. » Selon lui, la banque Barclays, qui deviendrait actionnaire majoritaire du groupe si la solution de Charles Doux est acceptée, « est plus connue pour sa déroute financière que pour le développement des poulets... »
Vers 13 h, le cortège s'est dispersé. L'audience s'est poursuivie jusque tard dans la soirée, sans qu'aucune réponse ne soit encore clairement donnée. Le tribunal a mis sa décision en délibéré et le dénouement devrait être connu en début de semaine prochaine.
Élodie RAB