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blog du Npa 29, Finistère

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Frontstalag 135. Plus d'oubli possible

 

19 mai 2010 - Le Télégramme


Hitler n'en voulait pas. Les soldats français de couleur étaient donc emprisonnés... en France. Et notamment à Quimper, à Lanniron, où une stèle rend désormais hommage à plus de 8.000 anciens prisonniers.


C'est un pan d'histoire peu connu des Quimpérois qui a pris consistance hier matin, à l'occasion de l'inauguration d'une stèle dans le parc de Lanniron. «Ce matin, en partant du quartier du Braden pour cette cérémonie, des voisins m'ont demandé où j'allais. Ils ne savaient rien de l'histoire de Lanniron.

 

Moi-même, je n'en savais rien jusqu'à il y a peu», assure Rémi Morvan, président finistérien de l'association des pupilles de la nation. Même Bernard Poignant, agrégé d'histoire, a reconnu son ignorance de cet épisode peu glorieux de l'histoire de sa ville. Pensez donc, près de 8.000 hommes venus du Sénégal, du Maroc, d'Algérie ou encore de La Réunion internés durant cinq ans en bordure de l'Odet, dans de longues baraques de bois.

«La mémoire efface ce qui dérange»

«Pour beaucoup de Quimpérois et de Finistériens, c'est une découverte», concède l'édile qui a découvert ce camp à l'occasion de la projection d'un film à Rosporden en 2005. Avant de lire l'ouvrage d'Armelle Madon, citée une fois dans son discours. Étouffant rapidement la polémique née des chiffres inscrits sur la stèle: «2.000 soldats métropolitains et 7.746 soldats issus des colonies françaises d'Afrique et d'Asie». «Je sais bien que ce n'est pas tout à fait le nombre, reprend le maire, mais nous disposons d'un rapport d'inspection de mai 1941, et à ce moment sont recensés 7.746 hommes, 803 blancs, 6.692 hommes de couleur, 31 noirs et 320 d'Indochine.

 

Cette histoire mérite d'être rappelée pour les sortir de l'oubli. La mémoire efface ce qui dérange, l'histoire doit ouvrir les fenêtres de la vérité». L'ancien député européen a salué la ténacité de Christian Durieu, pour la fédération desanciens combattants, et la volonté du préfet Pascal Mailhos. «Longtemps, une chape de silence a pesé sur ce camp de prisonniers de Lanniron, a reconnu ce dernier. Il est difficile de se représenter sur ce site des miradors de dix mètres de haut surveillant le camp. Le souvenir de ce lieu d'emprisonnement et de souffrance doit se perpétuerdans la mémoire collective».

Camp fermé en mai 1946


Face à lui, au sein d'un petit cortège venu pour l'inauguration, Christiane Gérard sèche ses larmes. Cette Morbihannaise, dont le père, Henri Boulay, a été interné à Quimper avant d'être transféré en Allemagne puis en Autriche, a franchi pour la première fois les portes de Lanniron. «Je voulais voir par où il était passé, témoigne-t-elle.

 

Son passage à Quimper, je ne l'ai appris qu'en consultant des archives à Paris. Cela a été une surprise car j'ignorais qu'il y avait eu un camp à Quimper. Mon père est décédé à l'âge de 33 ans en Autriche». La libération de Quimper, le 8 août 1944, n'a pas marqué la fin de ce camp de Lanniron. Plus de 3.800 détenus allemands y furent ensuite internés jusqu'en mai1946.

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