blog du Npa 29, Finistère
1 février 2012 -
Dans le pays de Guingamp, plus de700 élèves sont scolarisés à Diwan et dans les classes breton-français. Une progression de 80% en dix ans. À la rentrée, une classe maternelle bilingue pourrait ouvrir à Ploumagoar. Pourquoi la filière bretonnante a-t-elle le vent en poupe ? Enquête.
> Un projet de classe maternelle bilingue à Ploumagoar
Quelle est l'offre scolaire bretonne dans le pays de Guingamp (1)?
De la maternelle au CM2, les petits Guingampais peuvent apprendre le breton dans trois établissements: à l'école Diwan, à l'école privée Saint-Léonard, toutes deux
à Guingamp, et à l'école publique de Pabu. Entre2003 et2011, l'offre d'enseignement bilingue s'est considérablement développée dans le pays de Guingamp. Ce qui correspond à la tendance
régionale: en dix ans, les effectifs ont doublé (2)!
En parallèle de la filière guingampaise, seuls les sites bilingues de Louargat et Belle-Isle-en-Terre existaient en 2003. Depuis, quatre écoles ont vu le jour. «En
dix ans, les chiffres ont augmenté de 80%», se félicite Guillaume Morin, chargé de développement à l'Office de la langue bretonne, basé à Cavan. Un projet d'ouverture de classe maternelle
bilingue pourrait aboutir à la rentrée de septembre à Ploumagoar (lire par ailleurs). Après le CM2, les élèves peuvent poursuivre le breton en intégrant le collège Prévert de Guingamp (filière
bilingue) ou le collège Diwan de Plésidy.
Comment se porte la filière?
Ici, le breton ne connaît pas la crise! Plus de 700 élèves pratiquent le breton (sur 2.716 Costarmoricains).
«On a un taux de scolarisation très important à Pabu, souligne Guillaume Morin. Un tiers des enfants de la commune sont à l'école bilingue.Cette filière marche bien!» Soixante-dix-huit enfants
y sont inscrits (un chiffre à rapprocher des 82élèves de Diwan). Plus de 200 élèves vivent à l'heure du breton au collège Diwan de Plésidy, contre une quinzaine au collège Prévert de
Guingamp.
Pourquoi les écoles bilingues ont la cote?
Immersion totale à Diwan ou moitié des cours en breton dans les classes bilingues... Dans le pays de Guingamp, apprendre le breton est presque devenu naturel.
Peut-être parce que la langue y est encore «vivante». «On recense 17% de locuteurs sur le secteur», indique GuillaumeMorin. Le pays guingampais est le deuxième pays du département après le
Trégor-Goëlo et leCentre-Ouest Bretagne (exaequo) où l'on parle le plus le breton. Autre atout convaincant: les arguments de la filière bretonnante. Le bilinguisme précoce, une pensée plus
créative, des compétences intellectuelles développées dans certains domaines... Il n'enfaut pas plus pour séduire les jeunes parents à l'heure des inscriptions.
1. Le pays regroupe 65 communes, de Belle-Isle-en-Terre à Châtelaudren et de Bulat-Plestivien à Plouha, ce qui représente une population de plus de
80.000habitants.
2. De la maternelle au lycée, 14.082 élèves (Bretagne et Loire-Atlantique).
Plaquettes breton-français à la main, Guillaume Morin, chargé de développement à l'Office public de la langue bretonne, s'installe à la garderie de l'école
maternelle Christian-Le Verge. Hier, il est un peu plus de 17h et nous sommes à Ploumagoar. La mission de Guillaume? Informer les parents sur le projet de la classe maternelle
bilingue.
Né un an trop tôt!
Catherine attend son petit dernier. Antonin, 5 ans, termine son goûter. L'échange s'engage. «La filière bilingue, c'est comme l'enseignement monolingue, sauf que
la moitié des cours sont dispensés en breton», explique Guillaume Morin. Son discours est rodé. «Très tôt, l'enfant entend une langue différente. Il comprend assez vite et passe facilement du
français au breton.
On ne lui demande pas de travail supplémentaire, ni une prédisposition particulière aux langues. Le bilinguisme peut être une chance pour l'enfant.» Catherine jette un coup d'oeil à la plaquette. «Mon fils est né en 2006», sourit-elle. Un an trop tôt en effet pour être inscrit... . Dommage, le projet aurait pu l'intéresser. «Les parents se posent beaucoup de questions. Le but est d'engager la conversation.» Hier soir, une dizaine de familles ont discuté avec Guillaume Morin. «C'est une bonne formule. J'ai senti un bon accueil, conclut-il, prêt à recommencer. Maintenant, la réflexion va se poursuivre à la maison.»
«À Pabu, un tiers des enfants de la commune sont à l'école bilingue. »