Dans une interview donnée au journal anglais The Guardian, le candidat du PS a déclaré au détour d’une phrase qu’« aujourd’hui il n’y a pas de communiste en
France », provoquant un tollé du côté de Mélenchon et du PCF.
Le retour de boomerang ne s’est donc pas fait attendre. Mélenchon, « le candidat des communistes » comme il le dit lui-même, a dénoncé une « attitude hautaine
insupportable ». Parlant de « grosse bêtise », Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, a rappelé à Hollande qu’« il n’y a pas de victoire possible sans le PCF et le Front de Gauche ». Et plus
si affinité ?
Cette tempête dans un verre d’eau ne doit pas faire oublier le sens profond de l’interview au Guardian par Hollande, l’auto-proclamé ennemi de la finance... venu
faire allégeance à la City londonienne. Car la suite de l’interview vaut vraiment le détour : « La gauche a gouverné pendant quinze ans, pendant lesquels elle a libéralisé l’économie et ouvert
les marchés à la finance et à la privatisation. Il n’y a pas de crainte à avoir ».
Au-delà des discours ronflants et dans le droit fil de ses 60 engagements pour la France, Hollande a une fois de plus confirmé l’adaptation des socialistes français
au libéralisme financier.
Mais c’est aussi une pierre dans le jardin du Front de Gauche qui n’a pas clarifié sa feuille de route en cas de victoire de Hollande au mois de mai. Les réactions
outrées des uns et des autres masquent mal que la question d’une éventuelle participation gouvernementale n’est pas réglée par le « programme partagé » du Front de Gauche, en particulier du côté
du PCF où l’on dit tout et son contraire sur cette question centrale.
En guise d’excuses, Hollande a rappelé son respect pour les communistes et le Front de Gauche et a dit qu’il souhaitait « un rassemblement de la gauche avec toutes
ses sensibilités ». Pierre Laurent s’est félicité de cette correction, Mélenchon a déclaré que « l’incident [était] clos ». Certes, mais la question du rapport au Parti socialiste reste
posée...