Les Indignés appellent à manifester une fois par semaine, place Terre-au-Duc, à Quimper.
Ils ne sont qu'une poignée, pour l'instant. Mais ont des convictions chevillées au corps. Les Indignés les crieront haut et fort chaque semaine, dans les
rues de la capitale de Cornouaille.
Ils n'en peuvent plus des inégalités. Réclament un « monde meilleur ». Les Indignés ont repris
du service, hier à Quimper. Deux mois après avoir rendu les armes, faute de combattants, une quinzaine de personnes se sont rassemblées place Terre-au-Duc, en fin de matinée.
Yves, l'un des Indignés qui a allumé l'étincelle quimpéroise, se souvient des débuts du
mouvement. « La première semaine de mobilisation, en juin, on nous a pris pour des babas cool. La deuxième semaine, on s'étonnait de nous voir encore là. La
troisième semaine, on inspirait le respect. »
Une mobilisation quotidienne, ça finit par user : « Au bout de deux mois, quand on s'est
arrêtés, mon coeur était comme vide. Il me manquait quelque chose. Depuis que les Américains manifestent, la presse suit. Ça nous redonne des vitamines. Alors, on
repart ! De plus en plus de gens convergent vers les mêmes idées. Dans toute la planète. Tous veulent un monde
meilleur. »
« C'est insoutenable »
Au juste, quelles sont leurs revendications ? « On va droit dans le mur. Il faut éveiller
les consciences, développe Yves, l'Indigné. En 2008, 320 milliards d'euros sont partis dans les banques. Là, l'Europe s'apprête à
injecter 100 milliards de plus. On trouve de l'argent pour les banques, pas pour les autres ! »
L'Indigné martèle : « Si on additionne toutes les taxes qui sont dues à la Sécu, et qui ne
lui sont pas versées, il n'y aurait pas de trou. Peut-être même y aurait-il un excédent. Ce système n'est pas voué à l'échec. »
Des exemples, Yves en a plein sa musette. Il pleure la misère qu'il observe à Quimper. Et
annonce : « Nous irons au contact de la population une fois par semaine, à partir du 5 novembre. »
Un peu plus loin, Martine, 54 ans, explique pourquoi elle descend dans la
rue : « Nous sommes en vacances, nous sommes venus exprès. C'est un problème de conscience. Les puissants de ce monde essaient de nous faire
croire que le monde ne peut pas tourner autrement. C'est faux. Un autre monde est possible. »
« Il n'y a pas assez de partage des richesses, rebondit Francis,
57 ans. Les gens ne bougent pas assez. Il faut changer tout ça ! » Même revendication dans la bouche de Geneviève,
62 ans : « Des gens gardent des milliards, d'autres crèvent la faim. C'est insoutenable. J'ai envie de hurler. Si le mouvement des Indignés parvenait à
grandir, on pourrait changer les choses. Moi, j'y crois. »
Raymonde, venue comme elle spécialement d'Elliant, est désabusée : « J'ai l'impression que
les dés sont pipés, que tout est joué d'avance. Il va nous falloir réapprendre à aiguiser nos faucilles. »