blog du Npa 29, Finistère
10 janvier 2012
Privé de certains financements, qui représentent les trois quarts de leur budget, l'association AnTreiz est sur la corde raide.
Réunis hier, les salariés ont exprimé leur inquiétude face à un éventuel dépôt de bilan de l'association, qui accompagne 600 handicapés par an vers l'emploi. «Les conséquences humaines pour nous et pour les personnes que nous accompagnons sont terribles», déclare Rémi Toulhoat, délégué syndical CFDT. Il est désemparé, tout comme les18salariés de l'association An Treiz réunis hier à Châteaulin. Chaque année depuis vingt ans, l'association finistérienne s'occupe d'accompagner vers l'emploi 600personnes en situation de handicap mental et psychique.
Depuis l'origine, elle était financée majoritairement par l'Agefiph (l'Association pour la gestion du fonds d'insertion des personnes handicapées), via une enveloppe, renouvelée chaque année en
fonction des projets présentés par l'association. Seulement, depuis cette année, l'Agefiph sélectionne les structures qu'elle accompagne par le biais d'un appel d'offres. «Nous l'avons emporté en
ce qui concerne l'accompagnement des handicapés psychiques mais pas celui des handicapés mentaux, qui a été confié à Grafic Bretagne», précise Rémi Toulhoat. Résultat: huit équivalents temps
plein sur quatorze risquent de disparaître.La part du budget versée par l'Agefiph (450.000€ en 2011) est divisée par quatre en 2012. La situation est d'autant plus angoissante qu'au vu de la
trésorerie, l'association n'est pas en mesure de licencier huit salariés sans déposer le bilan.
Un espoir de reprise par une autre association
Après avoir fait le tour des autres partenaires financeurs de l'association- le conseil général du Finistère, l'Agence régionale pour la santé et les services de la préfecture - leur seul espoir
consiste aujourd'hui en une offre de service de l'association Championnet, une des structures fondatrices d'An Treiz, présentée demain en conseil d'administration. Par ailleurs des familles ont
lancé une pétition. «Il faut dire que seules 150 personnes handicapées pourraient continuer à être accompagnées si l'association est dissoute. Les autres dépendront de fait de Pôle emploi, comme
la loi sur l'égalité des chances de 2005 le prévoit», conclut le syndicaliste.