Un comité d'entreprise extraordinaire s'est tenu, mercredi, sur le site brestois. Le plan présenté hier pour l'entreprise n'a
pas convaincu les représentants des salariés.
Comité d'entreprise extraordinaire, mercredi, à Jabil-Brest (192 salariés). Et ce, avec Robin Forster, DRH de
Jabil-Europe ; Nicola Trombetti, manager de Jabil-France ; Michel Petit, directeur du site brestois et Claire Picard, DRH de Jabil-France.On pouvait légitimement s'attendre à ce que, enfin, Jabil dévoile sa stratégie pour la France. Le 22 février dernier en effet, le géant
mondial de sous-traitance électronique annonçait qu'il rachetait les quatre usines (deux en France, deux en Italie) qu'il avait vendues quelques mois plus tôt, le 16 juillet, à un fonds
d'investissement américain, Mercatech.
« Rien de neuf »
À cette annonce, la réaction des salariés était restée mesurée. Pas d'effusion de joie. Juste un peu de soulagement sur le visage
des employés. Cela pouvait se comprendre. À force de vivre de rachat en plan social, les salariés blasés ont maintenant du mal à faire confiance. « En dix ans, ils ont vécu cinq plans de licenciements »,rappelle Serge Roudaut pour FO. Depuis cette annonce ? Rien. Les représentants des salariés ont à maintes reprises sollicité la
direction pour connaître, enfin, « la stratégie »de Jabil. Mercredi, on pensait que l'heure avait sonné. Finalement ? « Rien de neuf »,a résumé Nicole Camblan de la CGT.
« Si on peut fabriquer des casseroles »
« Ils prétendent que le fait que le groupe autorise l'usine de Brest à chercher des ' petits clients '(de 4-5 millions d'euros de chiffre d'affaires)
est une nouveauté », sourit Serge Roudaut de FO. Preuve (s'il en faut !) que la crise qui secoue la filière électronique est loin d'être à son terme. « Si on peut fabriquer des casseroles de manière rentable, on le fera », aurait dit la direction, hier.
Seul élément concret : « Ils espèrent le retour à l'équilibre financier de Jabil-France[Brest et Gallargues (20 salariés)]
pour 2013. » La direction travaillerait aussi aux transferts provisoires de charges de travail
d'autres sites Jabil. « Elle pourrait ainsi remonter un peu à partir d'octobre. »
Si tel n'était pas le cas, « la charge de travail continuera à décliner jusqu'à la fin de
l'année,poursuit Serge Roudaut, le temps de trouver et de démarrer un éventuel nouveau client,
laissant environ 40 % du personnel en sureffectif. »
La direction donnera une réponse en juin-juillet sur cette question de transfert. « Si la réponse est
non, elle n'exclut pas de faire une demande de chômage partiel »,rapporte FO.
Enfin, Alcatel, voisin de Jabil, va bientôt laisser vacant le site propriété du groupe américain. « Environ 45 000 m2. Le prix
de vente est estimé entre 3 et 3,5 millions d'euros. »
Sophie MARÉCHAL.
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