Leila nous a dit ici même que le monde arabe (maghrebin surtout), l’Afrique et le Tiers monde considéraient Sankara comme le che guevara de l’Afrique, ils meurent sinon la même année au moins tous deux en octobre, assassinés.
Parler de l’Afrique, de la résistance au changement de ce continent ,comme Sarkozy a osé le faire à Dakar, est une ignominie surtout venant de l’héritier direct
des gouvernants français…
Chirac avait reconnu les crimes, c’est un des faits positifs que l’on retiendra de lui, mais notre petit président rabaisse une fois de plus notre pays au
niveau de ceux qui ont pillé, torturé, assassiné…. parce que tout a été fait pour empêcher que ce continent se libère, pour le piller, pour assassiner ses dirigeants et installer des
fantoches dociles.
Donc je me suis demandé, en attendant que leila nous traduise des articles en arabe sur Sankara et plus largement sur la manière dont sont vues les questions de libération, de développement de l’autre côté de la méditerranée, je vous propose cet article du CADTM, une organisation qui depuis de nombreuses années se bat pour l’abolition de la dette du Tiers Monde.
A l’occasion du vingtième anniversaire de son assassinat, le CADTM salue la mémoire de Thomas Sankara et sa volonté farouche de dire non à la dette
Arrivé au pouvoir par une « révolution démocratique et populaire » en août 1983 en Haute-Volta, qu’il rebaptise Burkina Faso (« pays des hommes intègres »), Thomas Sankara a été assassiné le 15 octobre 1987. Le CADTM tient à commémorer le 20e anniversaire de sa mort tragique.
Les peuples africains n’ont pas oublié celui qui incarne aujourd’hui encore la résistance la plus éclatante et la plus sincère à la logique imposée par le FMI et la Banque mondiale. Très vite, il a tenté d’instaurer une indépendance économique et de développer la production locale. C’est le « consommer burkinabè », pour lequel il n’a pas hésité à déclarer : « Regardez dans vos assiettes. Quand vous mangez les grains de mil, de maïs et de riz importés, c’est ça l’impérialisme. N’allez pas plus loin. » Il s’est attelé à la construction de services sociaux solides (santé, éducation, logement), a agi pour la libération de la femme et mené une grande réforme agraire de redistribution de la terre aux paysans.
Très populaire, il a milité avec acharnement pour la constitution, de la part des dirigeants africains, d’un front du refus de rembourser la dette, que le CADTM
appelle également de ses vœux à l’échelle de tous les pays du Sud. Lors de son discours à Addis Abeba le 29 juillet 1987, Thomas Sankara avait lancé l’offensive : « La dette sous sa forme
actuelle, est une reconquête savamment organisée de l’Afrique (…).
La dette ne peut pas être remboursée parce que d’abord si nous ne payons pas, nos bailleurs de fonds ne mourront pas. Soyons-en sûrs. Par contre si nous payons, c’est nous qui allons mourir. Soyons-en sûrs également. ». Avant de mettre ses pairs au pied du mur : « Qui, ici, ne souhaite pas que la dette soit purement et simplement effacée ?
Celui qui ne le souhaite pas peut sortir, prendre son avion et aller tout de suite à la Banque mondiale payer. »
Mais il était parfaitement conscient des risques qu’il courait : « Si le Burkina Faso tout seul refuse de payer la dette, je ne serai pas là à la prochaine conférence ! Par contre, avec le soutien de tous, dont j’ai grand besoin, nous pourrons éviter de payer. Et en évitant de payer, nous pourrons consacrer nos maigres ressources à notre développement. »
Thomas Sankara n’a pas pu se rendre à la conférence suivante… En rupture totale avec la logique des grandes puissances, il est mort assassiné voici 20 ans et Blaise Compaoré l’a remplacé alors pour « rectifier la Révolution » et la mettre sur les rails du néolibéralisme.
En ce jour, le CADTM salue la mémoire de Thomas Sankara et veut placer au cœur du débat public ses thèmes de lutte qui sont restés terriblement d’actualité :
front du refus de payer la dette, rupture avec le FMI et la Banque mondiale, production tournée vers la satisfaction des besoins nationaux (notamment la souveraineté alimentaire),
indépendance politique et économique, garantie des droits humains fondamentaux.
infos article
URL: http://www.cadtm.org
LANCEMENT DE L’APPEL : JUSTICE POUR THOMAS SANKARA, JUSTICE POUR L’AFRIQUE
Thomas Sankara aurait aujourd’hui 60 ans.
A cette occasion, nous vous informons du lancement d’un nouvel appel intitulé "Justice pour Sankara, Justice pour l’Afrique" relayé par une quinzaine d’associations dans différents pays.
Cette pétition est disponible en 5 langues. Les internautes sont invités à signer en ligne à l’adresse http://thomassankara.net/spip.php?article866, pour ce qui est de la version française.
L’appel est d’ores et déjà soutenus par le réseau CADTM, le réseau ATTAC Afrique, l’Etrange rencontre, le CEDETIM (Centre d’études et d’initiatives de solidarité internationale), SURVIE, le collectif Afrique de Lille, le NPA (nouveau parti anticapitaliste) du syndicat SUD Solidaire, le syndicat des agents des douanes du Niger, le mouvement des sans voix du Burkina, le mouvement des africains en Italie, un certain nombre d’intellectuels italiens, journalistes, acteurs réalisateurs, les partis burkinabé UNIR /PS, FFS et PAI, des personnalités comme Jean Ziegler, Eric Toussaint, Fidel Toe, ancien ministre de Thomas Sankara...
D’autres soutiens devraient suivre, et nous vous informerons de la suite.
Adresse de contact : contactjusticepoursankara@gmail.com
