blog du Npa 29, Finistère
« Ça s'est très bien passé. On a été entendu. »
Il est 15 h 15, hier, au tribunal de Brest. Souriant, Yves Derrien sort de l'audience. Le président de la fédération finistérienne d'aide à domicile ADMR "le troisième en un an" apparaît soulagé. « Nous avons demandé l'extension de la procédure de sauvegarde pour six mois supplémentaires. Nous pensons l'obtenir. » Réponse le 7 juin. Charley Trégano, de l'Union nationale ADMR, est aussi satisfait : « Ça va dans le bon sens ».
L'audience, qui n'était pas publique, a duré trois-quarts d'heure. L'heure du bilan pour la fédération (149 salariés, 900 000 € de déficit en 2008) sur la base de l'audit du cabinet Price. Il y a cinq mois, la fédération et ses 92 associations locales (3 700 salariés, 28 000 personnes aidées) étaient au bord de la faillite avec 10 millions d'euros de déficit total. À sa demande, la fédération a obtenu - pour elle seule - une procédure de sauvegarde : soit six mois pour établir un plan de redressement et dettes gelées durant la période.
Recherche d'un « second souffle »
L'heure semble moins grave. « Nous ne sommes pas en état de cessation de paiement. Nous ne l'avons jamais été ! » martèle maître Jérôme Novel, avocat de l'Union nationale ADMR. La sauvegarde aide à retrouver un second souffle. »
Yves Derrien espère un « plan de retour à l'équilibre financier d'ici 2011 et le remboursement des dettes. »
Des économies ont été réalisées : formations gelées, départs en retraite et CDD non remplacés. Sans oublier le coup de pouce - indirect - du conseil général qui augmenté de 48 centimes le montant de l'Allocation personnalisée d'autonomie. Selon Price, il n'y aurait plus 400 000 € de pertes chaque mois. Et la vente de biens immobiliers ? « Oui, mais il faut d'abord trouver à reloger les gens ».
Mais, en aparté, la CFDT annonce : « Le groupement d'associations locales (Gal) du Sud Finistère va demander à ses salariés de réduire leur temps de travail. Elle veut économiser 400 heures, soit l'équivalent de trois temps pleins et demi ! » Le Gal du Nord attend une économie de 200 heures, soit deux temps pleins et demi. Le syndicat s'étrangle : « Pourquoi ne pas l'avoir fait dès octobre ? Il vaudrait mieux du chômage partiel. »
Yves Derrien temporise : « A tous niveaux, chacun travaille à améliorer sa productivité. » Selon lui, « Officiellement, aucune association locale n'a demandé à aller au tribunal, ni à être placée en redressement judiciaire. » Il reconnaît : « On leur a demandé d'attendre... » Il précise : « Nous finalisons le plan social. Avant l'été, il sera présenté au comité d'entreprise et au conseil d'administration »
Les élus CFDT du comité d'entreprise sont étonnés : « Jusqu'à présent on nous a présenté un tableau noir et tout à coup, ça ne serait pas si sombre que ça... » Mais ils sont « soulagés » que la situation soit moins catastrophique. Surtout, ils espèrent être mieux informés. Ils ont d'ailleurs pris un avocat en ce sens.