blog du Npa 29, Finistère
Le Niger est encore considéré par le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) comme le pays le plus pauvre du monde.(1)
Cette pauvreté est avant tout le fruit d’une impossibilité pour le peuple nigérien d’exprimer sa souveraineté à travers son propre appareil étatique. Pour la France, la question du Niger est très ancienne et date de l’époque coloniale. Dés 1956, des études géologiques révèlent la présence d’importantes mines d’Uranium dans le Sahara, en particulier dans la région du Sahel : au Niger. Le Sahel est la zone de transition entre le désert du Sahara et la savane.
Selon les époques et les auteurs, on considère cette zone de manière indépendante ou comme la marche du Sahara.
Fait souvent oublié, en 1957 la France souhaitait parfaire son empire colonial par la création d’un seul Etat du Sahara : L’OCRS (Organisation Commune des Régions Sahariennes). Il s’agissait d’un projet de mise en valeur économique de la région (ou plutôt d’une nationalisation de facto de ses ressources), présenté au Parlement français par Houphouët Boigny. L’OCRS devait centraliser à Paris la gestion économique de 8 territoires distincts de l’Union française (qui se trouvaient donc dépossédés de cette prérogative, mais qui pouvaient espérer en retour des investissements plus nombreux et rationnels).
La création de l’OCRS correspondait avec celle d’un ministère du Sahara et d’un Commandement militaire du Sahara :
le ministre de la région y cumule ses fonctions avec celles de secrétaire général de l’OCRS. Il s’agit bien, à terme, de créer un Sahara français, Etat autonome au sein de l’Union française. L’OCRS qui comportait le sud de l’Algérie, est dissous à l’indépendance de l’Algérie en 1962.(2) Mais, Le 7 Avril 1961, la France noua avec ses anciennes colonies des “accords de défense” qui lui offrit un accès exclusif aux ressources de l’Afrique, dont l’uranium nigérien. Hamani Diori, alors dirigeant du Niger et de son parti unique, reste au pouvoir pendant près de 14 ans.
Nous sommes en pleine guerre froide et les États-Unis ont besoin d’un allié afin de sous-traiter leurs intérêts en Afrique.
La France du Général De Gaulle, prise au milieu des affrontements géopolitiques Est-Ouest, décide de lancer un fin stratagème qui va lui garantir une indépendance énergétique et économique. A cet effet, des réseaux franco-africains sont mis en place, et une incroyable politique officieuse va permettre à la France d’exploiter illégalement les ressources de ses anciennes colonies africaines. Parallèlement, les révolutions communistes en Afrique sont sempiternellement annihilées par les différents dirigeants africains soutenus par la diplomatie française, et cela visiblement au profit des intérêts croisés franco-américains.