blog du Npa 29, Finistère
Par NPA QUIMPER
« Je viens de vivre ce soir le débat le plus édifiant de mes 20 années d’élu local » le témoignage de cet élu sur un débat à la communauté de communes du Yeun-Elez est édifiant et démontre les blocages qui peuvent encore exister sur la question de l’enseignement du breton jusqu’en plein cœur de la Basse-Bretagne.
Mais revenons aux sources du problème. La commune de St Rivoal, dans les Monts d’Arré (Finistère) accueille la seule école totalement bilingue Français-Breton et publique de Bretagne. Or celle-ci est confrontée à un problème de budget de fonctionnement. Une petite commune de moins de deux cent habitants doit assumer une école de 28 enfants , dont 5 de la commune. Le coût de fonctionnement grève le budget de la commune de 30 000 € qui « asphyxient» cette dernière. L’année prochaine, ça va faire trente ans que ça dure et la fin est proche.
La commune de St Rivoal a bien demandé la solidarité des communes avoisinantes d’où venaient les enfants : mais seules 3 d’entre elles ont joué, tant bien que mal, le jeu : Hanvec, Plounéour-Menez, Sizun alors les principales pourvoyeuses d’élèves ( Loperec et Brasparts ) refusèrent au prétexte que cela nuit à leur école communale. Le coût d’un élève pour la commune est de 1 200 €. Hanvec verse son obole mais ne donne que 600 €..
Une solution a été envisagée : La Communauté de Communes du Yeun-Elez (CCYE) prenait la compétence « école bilingue » et faisait de l’école de St Rivoal l’école de la Communauté de commune. Bien entendu cela engageait la CCYE à prendre en charge le fonctionnement scolaire de l’école ( Hors cantine et ramassage ). Coût annuel : 30 000 €. Selon les estimations, la CCYE a les moyens de le faire.
Cette solution a été proposée par le Président de l’école de St Rivoal.
« La question gêne les élus qui auraient voté contre ! » affirme un élu local « Si un vote avait eu lieu , 4 auraient voté pour et 20 contre. Mais bien entendu aucun n’osera dire qu’il est contre l’apprentissage à l’école de la langue bretonne. »
Quand aux autres communes, Loperec, Brasparts, La Feuillée, Sizun, Loqueffret, Brennilis, Plouye selon notre élu local, il n’y avait rien à attendre de mieux. Seule la commune de Botmeur aurait joué le jeu.
Lors d’une réunion de la communauté de communes du Yeun Elez qui s’est tenue récemment, un élu nous livre ce témoignage qui en dit long sur la bonne volonté de certains élus :
« A ce moment du débat ,l’adjoint (JY Jacq ) de St Rivoal vient voir le Maire pour lui dire de laisser tomber et que si la Communauté de Communes vote contre, c’est mort. Grand bottage en touche !. On ne vote pas ! On va demander au sous-préfet d’organiser une réunion avec le Conseil Général , le député, le sénateur (tous membres du Parti Socialiste -Nd7Seizh-) et on verra bien s’ils sont prêts à mettre de l’argent pour sauver l’école de St Rivoal.
Ca arrange bien tout le monde, comme ça , on n’est pas obligé de voter contre, ( ça aurait fait réac de voter contre le bilinguisme, même si c’est ce que beaucoup pensent !)
A aucun moment , intellectuellement , l’un des 6 maires précités et de leurs conseillers ne peut se poser la question :
« Et si le bilinguisme était la solution pour sauver mon école rurale ? »
Et c’est ça qui me consterne. »
« Trist an traoù » comme on dit dans les Monts d’Arrée….
http://7seizh.info/la-communaute-de-communes-du-yeun-elez-naime-pas-les-ecoles-bilingues/
Commentaire:
Le NPA en tant que tel n'a pas de position sur ce cas précis. Il se contente d'être pour le droit des parents à ce que leurs enfants reçoivent un enseignement bilingue de la maternelle au BAC, avec les embauches correspondantes.
Il ne soutient aucune tentative diviseuse, d'habiller l'un pour déshabiller l'autre!
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