blog du Npa 29, Finistère
Frédéric Mitterrand est en Bretagne ce samedi 13 août, au Festival du chant de marin de Paimpol et à l'Interceltique de Lorient. A la faveur de cette visite, il a accordé une interview à la rédaction "Ouest-France" de Lorient. Le ministre de la Culture revient sur sa déclaration de Quimper, annonçant, le 10 juin dernier, qu'il allait soumettre au Parlement un projet de loi accordant un statut aux langues régionales. Il n'y est plus favorable. Explications.
Kevre Breizh, la Coordination des associations culturelles bretonnes, veut profiter, ce samedi 13 août, de la venue à Lorient du ministre de la Culture pour lui remettre un courrier. Kevre Breizh interpelle Frédéric Mitterrand sur "les avancées" qu'il promettait en matière de langues régionales lors d'un passage à Quimper, en juin.
Source: http://breizh.blogs.ouest-france.fr/
Commentaire:
Où en est-on? Il y a encore environ 75 langues, en comptant tous "les confettis de l'empire". En "métropole" il y en a une grande, l'occitan, sur 30 départements et aucune demande massive. L'alsacien ( et divers "patois" germaniques) très présents, ont été habilement remplacés à l'école par l'allemand, qui est lui-même en perte de vitesse dans l'enseignement. Le catalan bien que très présent au sud de la frontière, ne semble pas susciter la même demande au Nord. Le corse encore assez parlé est confronté à "l'invasion" des gens du continent, comme souvent près de la Méditerranée. En Flandre la question semble être réglée. Le franco-provençal, Savoie, Suisse et Val d'Aoste, est réduit à un "patois" déclinant.
Au Pays Basque par contre, le nationalisme du Sud a un effet évident sur l'envie de pratiquer chez les jeunes. Le bilinguisme scolaire devient très important.
Et en Bretagne? Un mix de tout çà!
D'abord un "stock" de locuteurs âgés de plus de 60 ans en Basse Bretagne uniquement, qui sert habilement dans la propagande des "200 000 locuteurs". En fait ce sont ceux qui revendiquent le moins.
Et une envie très forte des mouvements nationalistes qui réunissent quelques milliers de néo-locuteurs de "néo-breton" de "sauver la langue", pas que dans l'Ouest "patoisant", mais dans TOUTE la Bretagne francophone. Ce combat suscite une prudente indifférence générale, malgré toutes les campagnes régionales ou départementales pour inscrire les enfants, suivre les cours, devenir professeur. Comme si "l'identité bretonne" ne passait pas vraiment (nécessairement) par la langue! Gast! C'est tellement évident ! Mais cela remettrait trop de choses en cause! Les subventions par exemple.
Que devrions-nous faire au NPA?
Ne pas se voiler la face, chez les militants de gauche et d'extrême gauche, issus du peuple, on a souvent eu du mal à se débarasser de sa "foutue" langue bretonne, de son accent "à couper au couteau" , marre d'être un petit plouc rejeté à l'internat et à l'armée; et si on a acquis un certain statut culturel et social, c'est en démontrant sa non bretonnitude, son excellence au maniement de la langue française. La langue bretonne c'est pas très "glamour"! Pas plus pour les camarades venant d'autres régions.
Alors adopter l'utopie de "sauver la langue" alors qu'elle nous dérange? Pour faire plaisir aux divers mouvements qu'on cotoie? Par électoralisme, puisque çà rapporte au PS ? (Tant que çà?)
A-t-on vraiment réfléchi à ce que cela implique de "sauver une langue" en l'absence de toute transmission familiale?
Il faudait à terme "convertir" par toutes sortes de méthodes, coercitives de toute façon, des dizaines de milliers de francophones de naissance, monolingues et fiers de l'être, qui n'ont jamais approché ni la langue "traditionnelle", ni la langue "scolaire" et leur donner l'envie de "parler breton" ex-nihilo. Et sans le moindre début de motivation nationaliste dans la population, là où est le coeur de cible du nationalisme: la Haute Bretagne! Est-ce à nous de faire ce que les mouvements nationalistes n'ont jamais réussi et "marcher" avec eux sur le Pays Gallo, la terre de mission à reconquérir ?
Ne serait-il pas plus "raisonnable", tout en soutenant inconditionnellement les droits des locuteurs et des parents à voir leurs enfants recevoir un enseignement en langue régionale, pour un parti politique, de se pencher sur les questions politiques :
Y-a-t-il seulement un peuple breton (au sein du peuple français)?
Sur quel territoire? 3,4,5 départements?
Le Npa 35 est-il apparenté aux Npa 22,35,56 ?
Le Npa 44 fait-il partie des Pays de Loire?
Après on pourra (s'il en reste) passer à la réunification et se demander s'il est possible de brandir le drapeau breton en manif, de chanter le "Bro Goz" et d'aimer Nolwenn Leroi!