blog du Npa 29, Finistère
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Environ 150 salariés d’Alcatel-Lucent France ont manifesté ce jeudi matin devant la sous-préfecture de Lannion.
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Hier, la première phase de la procédure du plan de réduction des effectifs s’est terminée sur par l’examen des mesures d’accompagnement. Hier encore, l’agence d’informations financières Bloomberg a annoncé que le prêt de 1,6 milliard avait obtenu un tel succès à la bourse que les banques prêteuses, le Crédit suisse et Goldman Sachs, ont accepté de le porter à 2 milliards avec des intérêts revus à la baisse. Syndicats et salariés interpellent aujourd’hui l’Etat sur plusieurs points et depuis des positions différentes.
Diminuer le nombre de suppressions d’emplois
Avec 1 430 suppressions de postes prévus en France, sur 9 000 salariés, il est très probable que la période de départs volontaires et les conditions d’accompagnement prévues dans le plan ne soient pas suffisantes et que des lettres de licenciements tombent. Difficile de voir où retrouver du travail à Lannion où 140 emplois sur 861 sont menacés.
La Direction des ressources humaines de l’équipementier télécoms a évoqué, en décembre, des reclassements dans le domaine de la Défense, sans donner de détails. Les salariés en appellent à l’Etat pour les aider à diminuer le nombre d’emplois supprimés dans la négociation qui va bientôt s’ouvrir. Des élus suivant le dossier se souviennent de la promesse d’Alcatel-Lucent de ne pas toucher aux effectifs de Recherche et Développement et défendent le caractère stratégique de l’activité (Alcatel-Lucent fournit les équipements des réseaux de télécommunication dont se servent les opérateurs de téléphonie).
Modifier les conditions du prêt
Le groupe Alcatel-Lucent est lourdement endetté. Le prêt passé maintenant de 2 milliards a été obtenu en gageant les brevets du groupe. En cas de défaillance du groupe dans ses remboursements, les prêteurs pourraient exiger ces brevets. Cela signifierait le démantèlement rapide du groupe. Le 16 novembre, dans cette sous-préfecture de Lannion, Fleur Pellerin, la ministre de l’économie numérique, avait évoqué avec les syndicats la possibilité d’une intervention de l’Etat via le Fonds stratégique d’investissement lui-même financé par la caisse de dépôts et consignations.
Mais hier, selon le syndicat CFE-CGC, « le gouvernement aurait aujourd’hui renoncé à étudier toute solution alternative du prêt Goldman Sachs et Crédit Suisse et envisagerait plutôt d’intervenir comme pompier » en cas de difficulté et de demande des prêteurs d’être remboursé. Dans cette situation, alors qu’il reste quelques jours pour signer ce prêt, les syndicats attendent au minimum, que « le gouvernement clarifie publiquement sa position ».
Favoriser le marché d’Alcatel-Lucent
Le groupe franco-américain Alcatel-Lucent est soupçonné d’« américanisation », notamment parce que les marchés sont plus importants aux USA qu’en Europe et ce pour deux raisons. La première : les Etats-Unis bloquent le développement des équipementiers chinois qui ont pris des parts de marché à Alcatel-Lucent en Europe. La deuxième, c’est le bas niveau des réseaux américains sur de vastes territoires. Les opérateurs américains sont prêts à investir massivement dans des réseaux 4G alors qu’en Europe, les réseaux 3G existent déjà et l’investissement nécessaire pour développer la 4G est important. Dans ce contexte, le plan en faveur du numérique du gouvernement qui doit être annoncé d'ici deux semaines est très attendu.
Des syndicats aux positions différentes
La manifestation de ce matin a donné l'occasion aux représentants de deux syndicats de s'exprimer. Et leurs discours ont été sensiblement différents. Pour Bruno Laouenant, représentant CGT, «les salariés ne peuvent pas comprendre qu'une entreprises qui est devenue un fleuron de l'industrie française soit ainsi laissée à l'abandon par leur gouvernement». Cette position rejoint celle de la CFE-CGC qui s'est exprimé hier. Pour Hervé Lassalle, de la CFDT, le travail avec l'Etat est encore d'actualité: «Alcatel-Lucent est une piève maîtresse sur l'échiquier numérique pour la France et pour l'Europe et nous pensons que l'Etat joue un rôle pivot pour amener des initiatives qui pérénise cet atout», a-t-il déclaré.
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