Samedi 9 janvier, un communiqué commun était publié par le NPA et par le MOC (Mouvement des objecteurs de croissance), appelant à la « convergence de la gauche anticapitaliste et
antiproductiviste et de l'écologie radicale ». Ce communiqué appelle à un « regroupement pour les élections régionales » du NPA et des organisations se réclamant de « l'antiproductivisme » -
c'est-à-dire le courant de la décroissance.
De telles alliances ont déjà été constituées dans les faits : en Bretagne par exemple, une liste a été présentée fin décembre, conduite par une militante du NPA et intégrant des militants du
Mouvement des objecteurs de croissance. Si l'on en croit le communiqué du NPA, de telles alliances devraient se multiplier, du moins dans les régions où le NPA n'est pas déjà engagé dans une «
démarche unitaire »... avec le PCF et le Parti de gauche. En Languedoc-Roussillon par exemple, un accord est déjà signé, depuis le 7 janvier, entre le NPA et le Front de gauche.
Après les désaccords qui se sont manifestés au sein du NPA à propos des alliances aux élections régionales, la « synthèse » entre les différentes positions avait abouti à ce que chaque région mène
sa propre politique.
Mais la publication sur le site national du NPA de ce communiqué de « convergence » avec les décroissants prouve aussi que la direction de ce parti a plus envie de mettre en avant les thèmes «
écosocialistes », selon un terme qui lui est cher, que la défense des intérêts des travailleurs broyés par la crise.
Certes, le communiqué contient quelques phrases sur « le recul des droits sociaux » et « les licenciements, le chômage et la précarité » qui « progressent ». Certes, il appelle les futures listes
communes à « proposer une politique en faveur du monde du travail ». Mais on n'en saura pas plus sur cette « politique », ni sur son contenu, ni surtout sur les moyens qui permettraient de
l'imposer, et notamment les luttes possibles du monde du travail.
Le texte revient en revanche amplement sur les thèmes chers aux « décroissants » : problèmes environnementaux mis sur le même plan que la catastrophe sociale ; appel à lutter contre « les logiques
de productivité sans limite ». Sans compter une allusion pour le moins mystérieuse à s'élever contre « les indécences sur le sens même de nos vies ». Ce genre de formule ne voulant rien dire, elle
n'est certes pas trop dangereuse, mais on ne peut pas en dire autant de la petite dose de protectionnisme et de patriotisme économique distillée par le communiqué, qui appelle à « ne pas laisser la
gauche social-démocrate adapter nos régions au libre-échange européen ».
Selon le NPA et le MOC, il faudrait viser à mettre en place « un programme de rupture décliné en mesures régionales », et des « alternatives concrètes y compris dans les institutions ». À croire
que les cosignataires de ce texte voient dans les « institutions », à la manière de bons réformistes, la possibilité de changer la société.
Enfin, on constate que le NPA s'est apparemment rallié à l'idée que les consommateurs, tous confondus, sont responsables des problèmes écologiques, puisque le texte appelle à « convaincre que la
décroissance de (...) notre empreinte écologique nous amènera à revoir nos modes de vie ». À qui s'adresse cette phrase ? Qui se cache derrière ce « nous » ? Les 3,4 millions de ménages qui
doivent aujourd'hui choisir entre se chauffer et s'alimenter correctement ? Les 3,5 millions de mal-logés ? Les 8 millions de personnes considérées comme en dessous du seuil de pauvreté
?
L'adhésion ainsi officialisée du NPA aux thèses de la décroissance marque un nouveau recul de ce parti sur le terrain des idées, car un tel programme ne pourra être d'aucune utilité pour les
travailleurs victimes de la crise, qui ont bien plus besoin de perspectives de luttes sociales que de phrases ronflantes et culpabilisantes sur la réduction de leur « empreinte écologique ».
Pierre VANDRILLE
Note du blog:
Le fossé avec Lutte Ouvrière s'élargit sur ce terrain! Je me souviens comment une militante de LO dans ma jeunesse m'expliquait que la lutte pour l'avortement n'intéressait pas les
travailleuses , que seules les bourgeoises avortaient. Nous avons connu son obstination a refuser le terrain de lutte du racisme, des droits des immigrés. Et quand LO comprend, tard, c'est pour
rejoindre Fadela Amara. Aujourd'hui LO ne comprend rien à l'écologie, donc les travailleurs, les vrais, ne souffrent pas de la pollution, sujet "petit bourgeois". Pas de maladies maladies
professionnelles à cause du nucléaire ou de l'amiante, pour eux. Leurs enfants ne souffrent pas des canalisations en plomb et des rejets industriels de toutes sorte dans l'athmosphère! Ils
sont blindés ces travailleurs! Ils ne risquent pas de voir leurs logis balayés par la montée des eaux comme à la Nouvelle Orléans, contrairement aux bourgeois. Si l'ont ajoute au niveau agricole
une foi dans le "retour aux kolkozes" qui ont tellement réussi comme seule recette pour résoudre l'alimentation mondiale, quel programme. Ces furieux "décroissants" eux prétendent qu'on pourrait
nourrir la planète avec une agriculture paysanne "de proximité", vivirière, non exportatrice, favorisant les ressources locales et préservant la planète. Chez LO on entend le même raisonnement
scientiste qu'à la FNSEA : "Laissez nous exporter et nous nourrirons la planète"...
Enfin quel est le plus "réformiste", celui qui va sur la liste PS au premier tour ou sur la liste NPA?