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blog du Npa 29, Finistère

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Le paysan léonard avait raconté sa vie en breton (OF)

Redimensionnement de deguignet


vendredi 03 juin 2011

Un siècle après avoir été écrite, l'autobiographie en breton d'Hervé Burel retrouve la lumière. Nelly Blanchard nous parle de ce texte étonnant, qu'elle a retranscrit et traduit.

Interview

Qui est Hervé Burel, l'auteur de cette « Histoire d'une famille de Basse-Bretagne » ?

 

Hervé Burel est un paysan léonard qui a vécu de 1858 à 1943. Né à Plouider, il a d'abord travaillé la terre à Saint-Thonan, puis il a été employé à la poudrerie du Relecq-Kerhuon. Fait étonnant pour un paysan, il est instruit et pratique un très bon breton. J'ai fait la retranscription du manuscrit de 350 pages qu'il nous a laissés, ainsi que la traduction en français pour les lecteurs non bretonnants.

 

Que raconte Hervé Burel ?


Il commence à écrire une autobiographie en 1905. Il y raconte sa vie en général, son quotidien, son histoire sentimentale, de son premier baiser à sa demande en mariage. Il retrace la vie de sa famille sur quatre générations. Il fait une critique sévère de la domination qu'exerçaient le clergé et la noblesse dans le Léon. Hervé Burel est quelqu'un d'atypique pour son temps. De religion protestante, syndicaliste, il ne cache pas ses idées anticléricales.

 

Comment le manuscrit est-il parvenu jusqu'à nous ?

 

Il était rangé dans une malle du grenier de la famille Burel à Guipavas. Ses membres en connaissaient l'existence mais ils n'avaient jamais osé ouvrir cette malle. Puis un jour, ils ont franchi le pas. La famille n'étant pas bretonnante, elle a confié les deux cahiers manuscrits au Centre de recherche bretonne et celtique (CRBC) qui m'en a parlé. À l'époque, je travaillais déjà sur la traduction d'un manuscrit d'un paysan breton. Je l'ai mis de côté pour me concentrer sur celui d'Hervé Burel.

 

Quel est l'intérêt de cet ouvrage pour vous ?


L'intérêt est d'abord linguistique. Hervé Burel écrit très bien le breton, alors que normalement son rang social aurait dû l'exclure de l'écriture littéraire. Il raconte sa vie avec un tel niveau de langue que j'ai mis trois ans à retranscrire tout le texte. Les témoignages de paysans bretons de cette époque sont rares. La plupart étaient illettrés. Tous les témoignages que l'on trouve de cette époque sont écrits par des personnes d'un niveau social plutôt élevé.

 

Pourquoi Burel choisit-il d'écrire en breton ?


Hervé Burel écrit son autobiographie à une époque charnière. En 1902, le breton est interdit dans les écoles. En 1905, c'est la séparation de l'État et de l'Église. La comparaison avec Jean-Marie Déguignet, l'auteur des « Mémoires d'un paysan bas-breton », est possible. Ils vivent à peu près à la même époque. Tous les deux sont des paysans qui s'élèvent contre le clergé et la noblesse. Mais, pour Hervé Burel, la langue de l'émancipation sociale est le breton, sa langue maternelle, alors que pour Jean-Marie Déguignet, c'est le français.

 

Propos recueillis par Gurvan KRISTANADJAJA.

 

http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Le-paysan-leonard-avait-raconte-sa-vie-en-breton-_40734-1819277------29019-aud_actu.Htm

 

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