DECHETS -
Les commissaires chargés de l’enquête publique sur l'implantation d’un centre de tri et d’enfouissement de déchets automobiles à Plouray, dans le
Morbihan, ont remis lundi au préfet du département un long rapport se concluant par un avis défavorable sur un projet qu'ils qualifient, entre autres choses, de "socialement inacceptable
et environnementalement destructeur".
Porté par une filiale de l’entreprise normande Guy Dauphin Environnement (GDE), ce projet couvrant 152 hectares en tête du bassin de l'Ellée (seule rivière
française classée "sauvage" par WWF), prévoit l'enfouissement de plus de 100 000 tonnes de déchets par an issus de l'industrie automobile.
Après des semaines d’enquête, les commissaires ont déroulé un long catalogue de motifs justifiant leur avis négatif. Outre les menaces sur l'activité agricole et
l'environnement, ils notent par exemple que la viabilité économique du centre d'enfouissement “n’est pas démontrée”. Ils relèvent également les “incohérences” de l’étude
d’impact sur le trafic routier engendré ou encore les “assertions mensongères” de l’entreprise postulante sur les opérations de dépollution avant traitement des déchets, opérations qui
se font sur le site de Montoir de GDE (qui traite les mêmes déchets qui seraient enfouis à Plouray), l’objet “d’aucun contrôle sérieux”. “La pratique sans vergogne du
mensonge et l'entêtement de GDE dans des contradictions flagrantes (...) jettent un doute sur la crédibilité du dossier”, assènent t-ils.
Ils soulignent également la qualité exceptionnelle du site retenu (où serait érigé un dôme de 20 mètres de haut) qui a “un caractère naturel remarquablement
préservé” et bien “représentatif des vallées et fonds de vallées des Montagnes Noires” avec, en outre, “la plus importante ressource en eau du nord du Morbihan”.
Pour les commissaires, “les zones humides seront inévitablement impactées”. Ils s'interrogent enfin “sur le comportement et la tenue des
déchets sur de longues durées”. Bref, tout faux pour GDE! Le 13 novembre dernier, 2000 personnes avaient défilé à Plouray pour dire leur opposition à cette usine de traitement,
s’inquiétant de sa “démesure” et des menaces de "pollution irréversible” pour l'eau et l'air.
Le 17 décembre, les élus d’Europe Écologie-Les Verts et de l’Union Démocratique Bretonne avaient fait adopter à l’unanimité un voeu par le Conseil régional de
Bretagne affirmant son opposition à l'implantation d'un tel centre “contraire aux principes même du développement durable". Aujourd'hui, les élus d’EELV demandent au préfet l’abandon
“au plus vite” du projet. La balle est dans le camp du haut-fonctionnaire.
Pierre-Henri ALLAIN
Les conclusions de l'enquête publique sont consultables sur: www.morbihan.pref.gouv.fr