blog du Npa 29, Finistère
Par NPA QUIMPER
Hier soir, une vingtaine de manifestants ont scandé « Non à la centrale » sur le site d'EDF à Brennilis.« Non à la centrale, ni ici ni ailleurs. » Armés d'un mégaphone, ils scandent leur slogan à chaque fois qu'une voiture d'élus franchit la barrière du site EDF des Monts-d'Arrée, à Brennilis.
Là où une centrale nucléaire en démantèlement est arrêtée depuis 1985, et où une centrale à fioul lourd répond aux pannes électriques bretonnes. C'est ici qu'EDF projette d'implanter une centrale électrique à cycle combiné gaz.
« Plus propre »
« Elle projettera dans l'atmosphère 3 900 tonnes de CO2 par jour, pour 4 000 à 6 000 heures de fonctionnement annuel (1) », explique Christine Bertho, la porte-parole du collectif Gaspare (Garantir l'avenir solidaire par l'autonomie régionale énergétique).
« Et il faudra renforcer le gazoduc sur 100 km, sur des zones Natura 2000 »,poursuit Bernadette Lallouët, de l'association Vivre dans les Monts-d'Arrée.
Pour le président de la communauté de communes du Yeun Ellez, Jean-Yves Crenn,« on a une grosse usine qui pollue énormément ici, la centrale au fioul. Si, à la place, on avait quelque chose de plus propre, ce serait pas plus mal. »
C'est lui qui a demandé à EDF une réunion pour expliquer son avant-projet (lire ci-dessus). Dans ces Monts-d'Arrée au difficile vécu économique, la centrale semble une aubaine. Pour les 30 emplois permanents, mais aussi pour l'électricité : « Dans nos petites communes rurales, on sait ce que c'est que les coupures électriques. »
(1) EDF, en concurrence avec d'autres acteurs privés, refuse de commenter ce chiffre.
Du terrain disponible
EDF est dans la course pour la future centrale électrique en Finistère. Son atout maître, c'est le foncier. L'électricien dispose déjà de deux centrales au fioul à Dirinon et Brennilis.
Nul besoin d'acheter du terrain sur une commune rurale, avec le risque de soulever une vive opposition ou de s'exposer aux recours liés à la loi Littoral, comme cela semble être le cas sur le site de Lanvian (Guipavas-Saint-Divy), d'abord pressenti.
Brennilis en tête ?
À Dirinon, EDF ne dispose que de six hectares. Insuffisant pour un tel équipement, qui nécessiterait selon l'appel d'offres « 10 à 15 ha ». En revanche, EDF a plus d'espace à Brennilis.
Hier soir, les élus de la communauté de communes du Yeun Elez ont participé justement à une réunion d'information d'EDF sur le sujet. Brennilis cherche le rebond économique.
Toutefois, ce lieu où le démantèlement de la première centrale nucléaire française n'est pas achevé, est symbolique et pourrait aussi fédérer des opposants.
Ne pas léser EDF
Ces petites centrales d'appoint (170 MW et 295 MW) des années 1970 - 1980 tournent environ 200 heures par an, contre 2 000 à 6 000 heures pour la future centrale. Elles ont été modernisées en 2009-2010.
Mais, rien ne garantit actuellement qu'elles respecteront les futures normes européennes sur les rejets de soufre et d'oxyde d'azote, applicables en 2015.
C'est justement la date que prévoit l'État pour l'entrée en service de la nouvelle centrale. On peut s'attendre à ce qu'elle remplace les deux précédentes. Au risque de léser EDF s'il n'était pas retenu...
Patte blanche sur les renouvelables
Après l'échec en 2009 du projet de centrale de 200 MW à Ploufragan (Côtes-d'Armor), refusée par les élus, la Région s'est imposée comme partenaire de l'État.
Elle insiste sur le respect des principes de son « pacte électrique breton » dans le choix du candidat. L'industriel devra démontrer une politique volontariste sur le territoire en terme d'énergies renouvelables.
Qui est le plus en vue actuellement sur le sujet en Bretagne ? EDF. C'est EDF qui exploite depuis plus de 40 ans la centrale marémotrice de la Rance (Ille-et-Vilaine), premier producteur d'électricité en Bretagne.
C'est EDF qui porte le premier parc français d'hydroliennes à Paimpol-Bréhat (Côtes-d'Armor). Investissement : 40 millions d'euros (dont sept millions d'aides publiques).
GDF Suez jouera sans doute sa carte sur les futures éoliennes offshore de Saint-Brieuc, mais un peu tard...
La Bretagne veut des énergies marines
C'est aussi EDF qui va piloter France énergies marines. Cette plateforme de recherche et d'essais en énergies marines, basée à Brest, a été préparée par Ifremer et un groupe d'industriels.
L'État ne l'a pas validée tout de suite comme Institut d'excellence sur les énergies décarbonnées (43 millions d'euros attendus), souhaitant un engagement plus fort des industriels. Dans la nouvelle mouture proposée, EDF présiderait. Réponse de l'État fin septembre.
Les retombées économiques sont encore quasi nulles, mais politiquement, Brest et la région Bretagne misent beaucoup sur les énergies marines.
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