blog du Npa 29, Finistère
mardi 11 octobre 2011
René Vautier a encore la voix qui tremble lorsqu'il évoque ses camarades éclaireurs de France et Résistants, morts peu avant la Libération, tués par les Nazis à la ferme du Guelen en Briec.
Depuis, lui qui, avec son frère Jean, « allait piquer des grenades aux Allemands pour fournir le maquis », s'est juré de ne plus toucher un fusil, mais de se servir de sa caméra comme d'une arme, d'un outil de combat au service des résistances, toutes les résistances : celles du mouvement ouvrier, des « colonisés » d'Afrique noire, des membres du FLN algérien. Ce qui lui vaudra de solides inimitiés à l'extrême-droite.
Un dernier film avec sa fille
Tandis que la MJC de Kerfeunteun lui rend hommage toute la semaine en programmant sept de ses films (lire ci-dessous), lui a décidé de faire don, à l'automne de sa vie, de son film Et le mot frère et le mot camarade, inspiré d'un poème d'Éluard, à la ville de Quimper.
« Le Comité d'histoire de la Résistance cherchait un réalisateur ayant été mêlé aux évènements. Il m'a demandé de faire ce film-témoignage. Plutôt qu'un simple montage, j'ai préféré faire un documentaire à partir de ce qu'ont écrit les poètes de la Résistance. » 5 000 exemplaires en ont été tirés, réservés aux médiathèques et vidéothèques.
Et qui d'autre que René Vautier, entré dans la Résistance à 14 ans, Croix de guerre à 16 ans au sein du seul groupe de jeunesse cité par De Gaulle à l'ordre de la nation, pouvait se lancer dans un tel exercice ?
« Mes parents ont divorcé et ma mère, nommée institutrice à Pennanguer. Quimper a été souvent l'endroit où je me suis ressourcé, que j'ai choisi pour mener des combats : il était logique que je fasse ce don à la ville et à sa municipalité de gauche en particulier. »
Car René le rebelle est aussi un grand sentimental, qui s'émeut du petit mot, pour son 83e anniversaire, envoyé par une actrice qui débuta toute jeune, il y a bien longtemps, sous sa direction : Claudia Cardinale.
Et qui annonce réaliser en ce moment, avec l'appui du Centre national du cinéma, son« dernier film », aux côtés de sa fille, Moïra, « un document sur les grandes grèves dans les mines et les luttes brestoises des années 50 ». On ne se refait pas.