Dans un article de Ouest-France du mercredi 22 septembre 2010 Christine Kerdreux et Piero Rainero déclarent « Nous n’avons pas été élus pour aggraver les
conditions de vie des Quimpérois. »
Pour le PCF le choix d’une régie impliquerait une forte hausse du prix de l’eau. Les deux élus voteront la délégation à Véolia « sans donner de chèque en blanc ».
Le PCF fait bien partie de la majorité municipale. Pas question d’en douter. Mais, Piero Rainero et Christine Kerdreux ont des billes pour justifier leur vote de vendredi soir au conseil
municipal : « Notre vote ne sera en aucune façon un chèque en blanc à l’opérateur. Ce sera un vote de vigilance assorti de la ferme exigence que le cahier des charges soit pleinement
respecté et exécuté. »
Tout l’argumentaire des communistes tient dans la phrase suivante. « Notre volonté est de garantir aux Quimpérois le meilleur prix et la meilleure qualité de
l’eau en étudiant pour cela de façon rigoureuse et complète les conditions de son retour en régie municipale de plein exercice. »
En 1986, Marc Bécam et la CGE
L’adjoint au maire est limpide : l’étude du cabinet Oxena est « sincère et pointue. On ne peut comparer les besoins d’une régie et d’un privé qui peut
mutualiser ses moyens, qui achètent 50 000 compteurs là où une régie en prend 3 000. Un retour à l’eau dès aujourd’hui impliquerait une augmentation du prix du m3 de 25 % à 30 %.
Cette augmentation considérable du prix de l’eau résulte des conditions dans lesquelles la droite avait en son temps liquidé ce service. »
L’élu communiste revient en 1986, quand la majorité de Marc Bécam avait confié la gestion de la distribution de l’eau à la CGE. « Dans des conditions
particulièrement scandaleuses ! Rien ne justifiait cette décision » appuie Piero Rainero. Pour lui, c’est à compter de cette décision à laquelle il s’était opposé (avec Bernard Poignant
précise-t-il), qu’on a assisté à une hausse vertigineuse du prix de l’eau et à des surfacturations abusives dénoncées par la Cour des Comptes.
L’adjoint PCF pense que pour créer une régie à Quimper, il faudrait partir de zéro. « Ce choix serait coûteux pour les Quimpérois. Pour les 6 000 salariés qui
travaillent à temps partiel, ne perçoivent que 800 € par mois, pour les 3 200 personnes qui n’ont pour vivre que les minima sociaux. Il y a dans notre ville 10 000 personnes dont les revenus
sont établis à 908 €/mois. Paris a mis 8 années à revenir en régie, Grenoble 10 ans. Quimper ne peut le faire en quelques mois. »
« Bègles, Montreuil »
Pour les deux élus PCF, afin de revenir à un service public, il serait bon de confier « la compétence eau » aux régions ce qui permettait de mutualiser les moyens
financiers, équipements, personnels. La régie ne signifie pas obligatoirement un prix bas et de qualité : « Lorient, Lanester, Douarnenez ou Saint-Nazaire où l’eau est en régie municipale
ont des tarifs supérieurs à ceux que nous avons (2,09 € à Quimper pour un prix moyen breton à 3,20 €.)
Enfin, Piero Rainero pique, avec le sourire : « La délégation de service public n’est pas une privatisation : elle est appliquée à Bègles, maire Noël
Mamère (Verts), à Montreuil, maire Dominique Voynet (Verts)... »
Mon commentaire : Leurs arguments concernant le prix de l’eau en régie publique sont faux, ils trafiquent les chiffres et comparent des prix en régie avec
l’assainissement d’une part à des prix du privé sans l’assainissement d’autre part.
Quand l’eau est en régie publique, il n’y a pas d’impôt sur les sociétés à payer, il n’y a pas non plus de dividendes à verser aux actionnaires. Les frais de
gestion et les frais de personnels étant les mêmes cela donne dans la réalité une baisse des prix de 20 à 30%.
Confirmée par plusieurs enquêtes d’associations de consommateurs. Je pense que l’explication est à rechercher ailleurs : le PC veut absolument conserver ses
élus à la mairie et ça passe par une alliance très étroite avec le PS, y compris en soutenant les mesures les plus droitières prises par le maire. Avez-vous les mêmes élu-e-s PCF dans votre
commune?