blog du Npa 29, Finistère
Lourdement endetté, le charcutier Gad SAS compte solliciter une procédure de redressement judiciaire auprès du tribunal de commerce de Brest. Plus de 1 600 emplois sont en jeu.
« La société Gad SAS a convoqué le comité central d'entreprise, le 21 février, où elle exposera son projet de solliciter la protection du tribunal de commerce de Brest pour ouvrir une procédure collective de redressement. »
C'est par le biais d'un bref communiqué que la direction du groupe industriel charcutier Gad SAS, basé près de Morlaix (Finistère), a annoncé, hier, sa volonté d'ouvrir une procédure de redressement judiciaire. Le dépôt de bilan devant le tribunal de commerce en sera l'étape préalable.
Inéluctables restructurations
Plombée par une dette de plusieurs dizaines de millions d'euros, la filiale de la coopérative Cecab et du groupement de porcs Prestor ne peut plus faire face à ses échéances financières. Pour expliquer ses déboires, elle évoque « les graves difficultés conjoncturelles et structurelles » du marché du porc. La filière française est confrontée à la baisse du nombre de cochons liée à l'arrêt d'élevages touchés par la crise. Elle pâtit aussi des distorsions de concurrence avec l'Allemagne qui emploie des salariés d'Europe de l'Est, sous-payés, dans ses abattoirs. On voit désormais de la viande de porc fraîche en provenance d'outre-Rhin dans les étals de grandes surfaces.
L'ensemble des industriels de la filière porcine souffrent peu ou prou, mais Gad SAS est le plus mal en point. L'entreprise ouvrira la procédure de redressement à l'issue du comité central d'entreprise à Cesson-Sévigné, près de Rennes, jeudi 21 février. Elle apportera une courte période de répit.
« Cette procédure doit permettre d'explorer toutes les pistes avant de trouver la meilleure solution de continuité de l'activité », indique la direction. Vente de l'entreprise, restructurations des abattoirs de Lampaul-Guimiliau (Finistère, 850 salariés), de Josselin (Morbihan, 650) et du site de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique, 80 salariés) seront examinés. S'y ajoutent 50 emplois au siège.
« Nous sommes aujourd'hui dans le canot de sauvetage, commente Olivier Le Bras, délégué syndical Force Ouvrière. Nous ne savons pas si nous pourrons remonter à bord du navire Gad et s'il pourra continuer sa route. » Il s'accroche néanmoins à un élément positif. « L'actionnaire majoritaire Cecab a les reins solides et il a affirmé vouloir tout mettre en oeuvre pour nous sortir de l'ornière. »
Personne n'envisage le scénario du pire, c'est-à-dire la fermeture des deux abattoirs de Gad. Elle effacerait d'un seul coup le problème de surcapacité industrielle dans l'Ouest que certains évaluent à... deux abattoirs.