blog du Npa 29, Finistère
Une vie de famille sacrifiée
En tant que femme de Sobreniste, je suis indignée de ce que vous faites. Je comprends que vous ayez envie de partir pour profiter de votre retraite. Tout le monde y a droit, et vous l'avez sûrement méritée. Mais nous ! Ne méritions-nous pas du respect, après les sacrifices que les familles ont faits. Les semaines de plus de 55 heures qui font que, quand papa est à la maison, c'est uniquement pour dormir et manger. Les repas chez la belle-famille, sans monsieur, parce qu'il est retenu au travail à cause d'une mauvaise organisation et que « le bateau doit partir demain et être fini coûte que coûte ».
Que dire de l'angoisse, quand le téléphone sonne et donne du : « Je suis à l'hôpital ». Les sentiments entremêlés : soutenir son mari après la mort d'un collègue ou lui dire « Casse-toi, sauve ta peau, tu as une famille, pense à nous ». Vous partez tranquillement, mais combien de vos salariés actuels mourront de l'amiante dans l'indifférence totale ?
Un sentiment de trahison
Les femmes qui ont des enfants en bas âge sont obligées d'arrêter de travailler quand personne ne peut prendre le relais. Eh oui !! Les horaires et le non-respect des délais de prévenance font que les crèches et les nounous refusent de garder nos enfants, sauf à des tarifs exorbitants.
Ce ne sont pas des emplois que vous supprimez. Ce sont des familles que vous trahissez, des enfants qui ne vont pas comprendre pourquoi papa ne répare plus de bateaux et pourquoi on ne fait plus les activités que papa leur avait promises. Des adolescents qui ressentent un sentiment de révolte, d'injustice et de colère envers leur père, qui ne sera plus en mesure de maintenir leur niveau de vie. Ce sont des femmes qui se sont mises en situation précaire, pour assurer la stabilité professionnelle de leur mari.
Eh oui, monsieur Meunier, quand vous embauchiez une personne, vous avez pris la responsabilité de sa famille.
Et là, vous partez du jour au lendemain, sans prendre vos responsabilités. Vous laissez des familles sans possibilité de se retourner, sans nous permettre à nous, femmes de Sobrenistes d'envisager de reprendre le travail, de nous former, de prendre le relais de nos maris pour subvenir aux besoins de nos familles.
Pourquoi ?
Des engagements vous n'en avez pas qu'envers la chambre de commerce et la Région qui ont investi dans du matériel pour vous, et qui vous louent les formes. Vous en avez envers vos salariés, envers leurs femmes et leurs enfants.
Outre le côté financier, ce sont 250 familles qui se sentent trahies, humiliées. 250 familles qui ont contribué à faire votre richesse et que maintenant vous laissez tomber.
Pourquoi, monsieur Meunier, n'avez-vous pas pris vos responsabilités, et alerté les pouvoirs publics de la situation économique de votre entreprise ?