blog du Npa 29, Finistère
L’éditeur André Versaille publie une nouvelle fois, dans une version revue et augmentée, 1936 Les Jeux olympiques à Berlin,
l’essai paru en 1983 et en 1999 dans lequel le professeur de Sorbonne Jean-Marie Brohm, fils de résistants alsaciens, a mis en lumière non seulement les
turpitudes politiques du baron Pierre de Coubertin
(qui par exemple saluait en Adolf Hitler « l’un des plus grands esprits constructeurs de ce temps ») mais surtout les compromissions, lâchetés et aveuglements
des dignitaires du Comité International Olympique dont la forfaiture a permis que les Jeux de Berlin assoient définitivement l’Allemagne nazie sur la scène internationale, en dépit de son
caractère notoirement raciste, antisémite et belliciste et malgré de nombreux appels au boycott …
Il analyse également comment les gouvernements démocratiques d’alors, en faisant confiance à Hitler et à ses promesses en faveur des Juifs et de la non-discrimination raciale, ont mis avec plus ou moins de zèle le doigt dans un engrenage qui les mènerait à la capitulation de Munich en 1938 et à la guerre en septembre 1939.
Et il s’interroge au passage sur la tenue des Olympiades à Moscou en 1980. Car les Jeux olympiques, en dépit des apparences, sont une métaphore de la guerre et
de ses préparatifs : sur le plan de l’idéologie politique (ils affermissent celle du pays le plus médaillé), sur celui de la propagande (en faisant croire que la réussite dans les stades
est le reflet de celle du pays qui remporte les palmes) et même théologique (l’expression de « dieux du stade » adoptée en 1936 par la cinéaste
nazie Leni Riefenstahl pour intituler son film célèbre ne demeure-t-elle pas actuelle ?). De quoi nourrir une longue méditation, comme dirait le Dalaï-lama…
Bernard DELCORD
1936 Les Jeux olympiques à Berlin par Jean-Marie Brohm, Bruxelles, André Versaille éditeur, 2008, 244 pp., 19,90 €