blog du Npa 29, Finistère
Ils sont plus de cent devant le portail de leur usine pour réclamer le maintien de tous les emplois. « Ce qui est fou dans cette affaire, c'est que personne ne doute de la pérennité du site », confie Jean-Luc Guillart, représentant syndical CFDT. En effet, depuis deux semaines, les salariés déclarent que leur usine est remplie de marchandise et qu'ils ne manquent pas de travail. Mais ils sont suspendus à la décision du tribunal concernant les offres de reprise du groupe et en particulier de la marque Père dodu.
Les offres
L'offre verbale faîte par l'entreprise Tilly Sabco, qui reprendrait la moitié des effectifs, n'a toujours pas été actée. Du côté de Terrena, la proposition n'intègre toujours pas le site de Quimper et « il y a très peu de chance que l'offre individuelle de Turenne Lafayette soit retenue par le tribunal », déclare Jean-Luc Guillart.
C'est aujourd'hui que Charles Doux devrait annoncer son projet. Toutefois, les salariés n'y croient pas. « On n'a plus confiance en lui » confie Marie-Louise Balbous, délégué CGT du site de Quimper.
Colère des salariés
Des ouvriers, comme Denis Madelaine-Nicot, expriment leur colère à son encontre. « Il a usé au maximum ses usines pour en retirer des bénéfices et les fermer ensuite. Et maintenant, il ose déclarer qu'il est ruiné et demande aux salariés licenciés de verser leurs indemnités. Il faut arrêter de nous prendre pour des imbéciles. C'est du poker et nous, on est les jetons. » Après s'être rassemblés devant leur usine, les grévistes sont allés occuper le rond-point du Petit Guélen, bloquant par la même occasion l'entrée de la voie express pendant une quarantaine de minutes.
Soutien de personnalités politiques
À ce moment, les hommes politiques venus apporter leur soutien étaient partis. Ainsi, Jean-Jacques Urvoas, député et président de la commission des lois de l'Assemblée, est venu donner son appui, discutant avec les représentants syndicaux et certains salariés. « Je suis le dossier et nous avons une réunion mercredi avec Stéphane Le Foll et Guillaume Garot pour faire le point avant la décision du tribunal. C'est tout de même plus de 200 emplois qui sont menacés sur le site. »
À noter aussi, la présence de Philippe Poutou, porte-parole du NPA, en vacances dans la région, venu lui aussi apporter son soutien aux grévistes. Pour lui, « il faut résister ensemble et c'est à la population en lien avec les élus locaux et les associations de s'opposer aux fermetures. Il faut un rapport de force contre la machine capitaliste. »
Côté municipalité, Jean-Pierre Bigorgne (Verts) est venu apporter son soutien « à des salariés qui ont raison de se battre. » Aujourd'hui, le maire Bernard Poignant, rentré de vacances, doit recevoir les délégués syndicaux à la mairie.