blog du Npa 29, Finistère
Le sénateur-maire de Douarnenez (Finistère), Philippe Paul, vient de décider de retirer leur délégation à quatre de ses adjoints. Lors de la séance du conseil municipal du 13 mai 2011, ces derniers avaient affiché leur désaccord.
« Ces difficultés, latentes depuis un certain nombre de mois, ne permettent plus un travail efficace, constructif, et en confiance au service du développement de Douarnenez et du mieux-être de ses habitants », indique le sénateur-maire.
Un conseil municipal exceptionnel doit se tenir ce jeudi 9 juin, au cours duquel les élus se prononceront sur cette décision et sur une nouvelle répartition des responsabilités dans l’équipe municipale ainsi que des représentations de la Ville dans les organismes extérieurs.
2 juin 2011
Le sénateur-maire Philippe Paul vient de retirer les délégations à quatre adjoints sur les neuf que compte son équipe. Résultat de conflits latents. La crise politique ne fait peut-être que commencer.
Coup de Trafalgar hier quand la ville a appris que le sénateur-maire Philippe Paul UMP sanctionnait quatre de ses neuf adjoints, dont le premier d'entre eux. Par
communiqué, le maire rendait public des «difficultés de fonctionnement au sein de l'équipe municipale. Ces difficultés, latentes depuis un certain nombre de mois, ne permettent plus un travail
efficace, constructif, et en confiance au service du développement de Douarnenez et du mieux-être de ses habitants», poursuivait-il en retirant les délégations aux élus incriminés. Le 9 juin
prochain, Philippe Paul demandera à son conseil de leur retirer leurs fonctions d'adjoints et de leur supprimer leurs représentations dans les organismes extérieurs. Disant mardi «Ils ont oublié
qui était le patron», Philippe Paul n'y est pas allé avec le dos de la cuillère.
Conflits latents
Depuis déjà pratiquement un an, le feu couvait entre le maire et son premier adjoint William Boulic. À la fin de l'année, et pour une broutille (donc une question de principe), le premier adjoint
avait publiquement tancé son maire en disant: «Tu n'aurais pas dû faire ça Philippe...». Entre les deux, le courant ne passait plus du tout et la situation a explosé lors du conseil municipal du
13 mai dernier. Un vendredi 13 qui restera dans les mémoires. Le premier adjoint William Boulic, rejoint par trois autres adjoints (Françoise Menou aux affaires sociales, André Guillemot au
nautisme et René François Quéau à l'environnement) ainsi qu'une conseillère municipale (Yannick Bidan) ont fait scission et la première sanction est tombée mardi. En attendant les autres. En
réaction, les élus, qui disent avoir beaucoup travaillé pour la ville depuis trois ans, montent en ligne. Sans détour et sans gants, ils attaquent leur patron, dénonçant ses «absences chroniques
sur le terrain», son «manque de projet politique», sa «méconnaissance des dossiers» et son «esquive permanente du débat». De très virulentes critiques qui ne portent pas sur une ligne politique
mais sur la gouvernance de la ville. Ambiance.
Enjeux communautaires
Les conséquences de ce rififi dépassent le cadre de la ville. Car William Boulic, ancien cadre supérieur dans des sociétés de Brest ou de Lorient, est aussi le président de la communauté de
communes du Pays de Douarnenez. Homme plutôt de l'ombre ( politiquement inconnu avant lesélections de 2008), WilliamBoulic est réputé «très présent et bosseur». Il pilote depuis trois ans
de lourds dossiers comme celui des algues vertes (et en baie de Douarnenez, on connaît), le Sage, l'Agenda 21, etc. Sans compter ses autres fonctions auprès des institutions de Quimper ou du Pays
bigouden. Enfin et même destitués, les élus dissidents seront toujours conseillers municipaux. Les trois années qui s'annoncent risquent d'être politiquement turbulentes. Déjà des voix s'élèvent:
«La ville n'avait vraiment pas besoin de ça».