blog du Npa 29, Finistère
15 octobre 2010 - Le Télégramme
Jusqu'à 3.500 lycéens ont manifesté, hier matin, dans les rues de Brest contre le projet deloi sur les retraites. Si la manif a été d'une tenue exemplaire, il n'a pas été de même pour ses préparatifs au petit matin. Un jeune homme a été arrêté et sera jugé dès ce matin.
Il n'y aura finalement eu qu'un seul moment de véritable tension, à l'approche de la place de Strasbourg. Il est alors 10h, hier, et un cortège formé depuis 8h face aux grilles dela cité scolaire de Kerichen est remonté au pas de charge vers les portes de l'Iroise et celles, voisines, de Charles-de-Foucauld. Auparavant, certes, la circulation a été perturbée le long du boulevard Léon-Blum.
Des feux sporadiques ont été allumés à des palettes et,plus inattendu, à quelques chaises et tables soustraites à la maison de retraite toute proche. Mais c'est aux abords du lycée de l'Iroise que la situation va se tendre. D'abord, une poignée de manifestants va tenter d'entrer dans le lycée public avant de refluer presque aussitôt.
Ensuite, aux abords du stade Francis-Le Blé, un conteneur à ordures va s'embraser et quatre aubettes vont être saccagées. Un jeune homme de 18 ans, élève à
Dupuy-de-Lôme, retrouvé en possession d'une hache à incendie, estarrêté. Reconnu comme ayant cassé un arrêt, suspecté d'avoir passé ses nerfs sur une porte d'entrée particulière, il a reconnu les
dégradations et sera jugé cematin encomparution immédiate. Pour sa part, l'auteur présumé du jet de boule de pétanque, mercredi, a été relâché.
Un cortège convaincant
Pour autant, après une brève hésitation sur la marche à suivre, le cortège amplifié a convergé vers la place de la Liberté. La tête est arrivée sur place vers
10h15. À partir de ce moment-là, la foule compacte des lycéens, comptée jusqu'à 3.500 au plus fort de la manif, va se comporter irréprochablement et offrir un défilé massif et digne de ce nom,
àpeine terni par une poignée devisages masqués, injurieux ettotalement en décalage par rapport à l'ambiance générale. Le cortège, emmené par des jeunes criant leur hostilité à la réforme des
retraites et au gouvernement, fera alors un tour du centre-ville pour sedisloquer sans encombres peu après midi, au terme d'une démonstration de force convaincante.
Débat sur les «casseurs»
Pourquoi une telle réussite? L'arrivée d'un service d'ordre, imaginé à l'internat de Kérichen par Antoine et Kelly, y est certainement pour beaucoup. «Nous sommes
desservis par les casseurs, estime le lycéen en première. Leurs comportements décrédibilisent notre mouvement. Nous ne sommes pas avec eux, nous ne savons même pas qui ils sont. Nous devons
protéger le cortège, communiquer au mieux avec les automobilistes». Antoine sera de la partie ce matin, encore.
Dans la journée, Kérichen a voté le blocus et un bis repetita est prévu ce matin. Dès 7h, les lycéens bloqueront «pacifiquement» la cité et informeront le public, sans manifester. Le son de cloche est un poil différent chez Elisa, élève en terminale à l'Amiral-Ronarc'h et qui a appelé à la manifestation sur Facebook.
«On sait qu'ils seront là et on essaie de les gérer au maximum. Après, leur réaction violente face à un gouvernement violent est une réaction comme une autre», estime celle qui appelle à une réunion massive samedi, «mais pas aujourd'hui». De ce débat, il en a aussi été question lors d'une AG à la fac Segalen, organisée pour les étudiants et en présence de 150 personnes. Celui qui voulait dénoncer les fauteurs de troubles a été hué. Puis il a été question de blocus. Le blocage ponctuel pour ce matin a été voté puis abandonné faute de combattants.