blog du Npa 29, Finistère
30 novembre 2010 - Le Télégramme
Le 7 juin 2008, six Carhaisiens étaient interpellés à Quimper à l'issue d'une manifestation de défense de l'hôpital de leur ville. Poursuivis pour violences, ils avaient été relaxés par le tribunal de Quimper. La cour d'appel, qui statuait hier à Rennes, rendra sa décision le17 janvier.
C'était une manifestation de plus, dans un processus de refus sans cesse plus affirmé au fil duquel la tension montait de semaine en
semaine en cette fin de printemps 2007. Ce samedi-là, les Carhaisiens étaient une nouvelle fois venus à Quimper pour tenter de sauver leur hôpital dont l'arrêt de mort des services actifs était,
disait-on, déjà acté. Tension, menaces sur la préfecture, craintes de perte de contrôle et de dérapage, grenades lacrymogènes... Un schéma connu. Cette fois, les forces de l'ordre s'étaient
organisées, avec une unité d'intervention chargée du repérage, de l'identification, du suivi et de l'interpellation des manifestants qui se seraient rendus coupables de violences contre les
fonctionnaires dépositaires de l'autorité.
Un lance-pierres et des bâtons
Six Carhaisiens seront arrêtés, une quarantaine de minutes après la constatation de faits délictueux par l'adjudant commandant la force d'intervention: il signale
dans son rapport que ces six personnes ont lancé des projectiles sur les forces de l'ordre. Sur eux, on trouvera un lance-pierres, des bâtons, des masques, deux boulons, des fusées de détresse et
des pétards. En ont-ils fait usage? Étaient-ce bien eux qui avaient été vus plusieurs dizaines de minutes auparavant? Ils ont nié et le tribunal correctionnel de Quimper a estimé qu'il subsistait
trop de doutes sur l'implication des personnes arrêtées, en raison notamment du trop long délai entre le repérage et l'interpellation.
Deux mois avec sursis et 1.000€ d'amende requis
Hier, à Rennes, devant la cour d'appel, les arguments n'avaient pas changé. Le ministère public, prenant en compte l'expérience et la spécialisation des gendarmes,
a considéré qu'il ne pouvait y avoir d'erreur dans l'identification des prévenus. Il a également estimé que le délit de port d'arme était constitué dans la mesure où la loi liste le lance-pierres
parmi les armes de 6e catégorie. Il a requis deux mois de prison avec sursis et 1.000€ d'amende pour chacun des manifestants. Pour la défense, Me Gourves a tenu à faire la différence entre ces
citoyens qui «combattent pour un service vital, leur hôpital», et les «voyous violents qui débordent trop souvent dans les manifestations». Et le fameux lance-pierres? «Un petit engin de
compétition, acheté pas cher et qui serait bien incapable de faire du mal à un CRS». D'ailleurs, si les prévenus avaient endossé l'«uniforme du manifestant», ils n'avaient pas l'intention de
faire du mal à qui que ce soit mais seulement, «au nom des symboles», d'exprimer leur résistance.