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blog du Npa 29, Finistère

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Manifestations à Mayotte : « On peut dire que les Mahorais ont été arnaqués »

 Les organisateurs du mouvement appellent au calme et condamnent les
violences mais veulent que les manifestations se poursuivent…

« L’intersyndicale condamne avec force les agressions, les pillages, et toute
destruction de biens publics ou privés. » Au 32e jour du mouvement contre la
vie chère, alors que le médiateur a quitté Mayotte, syndicats et associations
ont joué l’apaisement ce vendredi. Sans pour autant baisser la garde, au moins
jusqu’à le remise du rapport de Stanislas Martin et l’arrivée dans l’île de celui
que tout le monde appelle déjà « le négociateur ».
 
« Nous appelons à la poursuite de la grève dans le calme et invitons la
population à venir massivement le mercredi 2 novembre place de la
République pour montrer notre mobilisation au négociateur », ont
appelé les organisateurs du mouvement au cours d’une conférence de presse.
Boinali Saïd, de la CFDT, explique qu’il s’agit d’« accueillir pour Denis Robin »,
l’envoyé du gouvernement et ancien préfet de Mayotte, auquel tous
reconnaissent « une capacité à négocier ».

Près de 2.350 salariés au chômage technique

Déjà, l’île a connu quelques signes de déblocages, avec la levée de certains
barrages et la reprise d’une liaison maritime très empruntée. Dans les
rues de Mamoudzou, la journée a été calme. Pour autant « les
manifestations ont continué au Nord, au centre et dans le Sud », note Saïd
Boinali. Dans le Sud, justement, la protestation a pris la forme d’une marche
pacifiste réclamant en chansons le départ des « patrons voyous ». Effet
collatéral, près de 2.350 salariés seraient au chômage technique dans l’île.
 
Jusqu’ici, « on peut dire que les Mahorais ont été arnaqués », ironise le
cégétiste Salim Nahouda, en référence à l’accord signé par FO et une
association sur une dizaine de prix, qui n’est pas respecté à la lettre
par la distribution. Un clin d’œil à la formule du médiateur qui,
avant de s’envoler sur Paris, a pris soin d’assurer
qu’« il n’y a pas d’arnaque » sur le prix de la viande de bœuf.

 
« Des jeunes pleins d’espoir et disposés à continuer »

 
Sur le terrain, toutefois, « il y a un enlisement du mouvement, les gens sont
fatigués », avance Ansoir Abdou, du collectif des citoyens perdus. « Nous
avons fait une tournée sur le terrain, j’ai rencontré des jeunes pleins
d’espoir et disposés à continuer », lui répond Saïd Boinali. Car au-delà d’une
baisse immédiate des prix, dont le médiateur a laissé entendre qu’elle
pourrait être minime, les organisateurs ont la sensation de mettre en
place les conditions des négociations futures.

« Au cœur de notre combat, il y a l’émergence de la société civile », se
félicite le syndicaliste, qui estime qu’en assurant la transition entre la
médiation religieuse, qui avait cours auparavant, et la médiation administrative,
«nous construisons l’avenir». Avant de conclure, dans un élan lyrique :
« Le conflit social crée des droits et fait progresser l’histoire ». Ce n’est qu’un
début, ils continuent le combat.

Julien Ménielle, 20 Minutes.fr, 28 octobre 2011.
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