blog du Npa 29, Finistère

Comme au Japon! Dormez braves gens!
Et les sangliers ne voteront pas pour Sarkozy en 2012 contrairement aux producteurs de lisier.
« Ce matin, nous avons repéré des traces fraîches d’une laie accompagnée de quatre ou cinq marcassins. Celle-là était bien vivante. » Guillaume Rulin, de l’Office national de la chasse, est sur la piste des sangliers de la vallée du Gouessant, la rivière qui sépare Hillion et Morieux (Côtes-d’Armor).
Alors que deux nouveaux cadavres, dont la mort remonte à deux ou trois jours, ont été découverts hier - portant le bilan à 35 bêtes sur une quarantaine repérée dans cette vallée - les scientifiques s’interrogent sur cette mortalité « brutale et groupée ».
Le 7 juillet, deux marcassins sont découverts morts dans l’embouchure du Gouessant. Les 33 autres entre le 23 juillet et hier. « La marée entraîne les cadavres, mais on ne sait pas où ils meurent », s’interroge Guillaume Rulin. Ni de quoi…
Les services de l’État se livrent à une véritable enquête policière. « Sur seize animaux autopsiés hier, la plupart présentaient de l’emphysème, de l’oedème pulmonaire et de la congestion. Ce qui indique une mort d’origine toxique », révèle Rosine Danguy, du LDA, le Laboratoire départemental d’analyses. « Les mêmes symptômes que le cheval et les chiens morts par le passé sur les plages », admet la scientifique. « Mais pas suffisant pour incriminer l’H2S, gaz généré par les algues vertes », précise Philippe de Gestas, secrétaire général de la préfecture.
« Des gens sont-ils malades ? »
« L’eau du barrage est polluée. Nos prélèvements dans la rivière indiquent une présence importante de cyanobactéries qui génèrent des toxines dangereuses », explique Catherine Prodhomme, du LDA. Après de vaines premières analyses, elle pistera, aujourd’hui, d’autres toxines, les anatoxines, générées par ces algues microscopiques. Elle recevra l’aide du professeur Luc Brient, de la faculté des sciences de Rennes.
Reste la recherche d’hydrogène sulfuré (H2S) provenant des algues vertes, dont les résultats d’analyses sont attendus la semaine prochaine. Et la piste d’un éventuel empoisonnement délibéré. Des mesures d’air seront aussi effectuées pour mesurer l’exposition de la population.
Car, autour de l’enquête, la tension monte. « Des gens sont-ils malades ? », interrogeait, hier, une journaliste de la BBC soucieuse pour ses auditeurs friands de plages bretonnes. « On se demande pourquoi ces analyses prennent tant de temps », s’inquiétait une touriste suisse, à Saint-Brieuc. Des journaux allemands font également leurs choux gras des algues vertes
Hier, en visite à Lorient, la secrétaire d’État à la Santé, Nora Berra, a déclaré : « Le public doit éviter de s’approcher des zones concernées. » Pas si loin du message - plus emporté - publié par les Verts : « Nous demandons que la population soit informée des risques encourus. »
Marie-Claudine CHAUPITRE.