blog du Npa 29, Finistère
18 novembre 2012 -
La «grande manifestationde réoccupation» du site de Notre-Dame-des-Landes a rassemblé près de 25.000 opposants, hier. La contestation va désormais bien au-delà du simple projet d'aéroport du Grand Ouest. Un symbole est né.
De notre envoyé spécial. Ils sont à pied, à roller, à vélo. Et même sur des béquilles ou en fauteuil roulant. Il est 11h, ce samedi 17novembre, et un flot ininterrompu de manifestants se déverse dans le bocage nantais, là où l'aéroport du Grand Ouest est censé être mis en service en 2017.
Le cortège s'étire sur les quelque 5km qui séparent le village de Notre-Dame-des-Landes, à 30km au nord de Nantes, du coeur de la zone d'aménagement différé (ZAD),
rebaptisée «zone à défendre». Une gigantesque piste pour faire décoller un mouvement qui ne rassemblait, il y a quelques semaines encore, que quelques centaines de militants. Ils espéraient être
8.000 ou10.000. Combien sont-ils sur ces chemins de campagne? Le chiffre ne cesse de gonfler: 10.000, puis 15.000, puis 20.000. Au moins 25.000.
Pas un képi à l'horizon
Au bout de la petite route départementale, dans des chemins boueux, ils sont venus, parfois une simple planche dans les mains, édifier une maison, là où les
gendarmes mobiles ont détruit, un mois plus tôt, les squats des opposants. La maison arrive en kit, sur des remorques bringuebalantes. Sur tout le cortège, une centaine de tracteurs est en
marche. À un carrefour, une manifestante encagoulée hurle en direction de journalistes: «Stop! On a dit pas de photos et pas de caméras. Ils vont vous les péter. Vous êtes pas à un spectacle
ici!».
Derrière elle, une fanfare aux accents brésiliens encadrée par une escadrille de «clowns activistes» vrombissants dit tout le contraire. Plus loin, des «copwatchers»
(militants qui surveillent les forces de l'ordre en les filmant) sont bien désoeuvrés. Pas un képi ne coiffe l'horizon. Dans cette foule joyeuse, des familles, des bambins en poussettes, des
retraités, des militants, de simples citoyens. Ici, le «punk à chiens» côtoie le «bobo écolo». Au slogan anticapitaliste succède le message «peace and love». Un «Non à l'Ayraultport» chasse le
martial «Veni, vidi, VINCI», qui lui-même cache un très explicite «Ayrault, baisse la culotte, c'est nous qu'on pilote».
«Un symbole»
Ils sont venus de toute la France, mais aussi d'Italie, d'Espagne, d'Australie, de Belgique. Comme Ludwig, un Bruxellois d'une vingtaine d'années. «Cela fait
maintenant un bout de temps qu'on entend parler de Notre-Dame-des-Landes chez nous. C'est un nouveau Larzac, c'est ça?» Lui est «plutôt droit au logement et défense des sans-papiers», mais
Notre-Dame «va bien au-delà». «C'est devenu un symbole de la lutte contre un système que de plus en plus de monde rejette. C'est une marque de fabrique». Luc, 48 ans, est venu de Paris. «Ce
projet résume toutes les incohérences qu'on trouve partout ailleurs. Cet aéroport est socialement, écologiquement, humainement et
économiquement incohérent».