Surtout que l’Europe s’en mêle et pose un sacré verrou à la construction de Notre-Dame-des-Landes.
Oui, Bruxelles rappelle qu’il existe une directive européenne qui prévoit que lorsqu’un Etat membre construit une telle structure sur une zone humide, il doit s’engager à la compenser par l’irrigation d’une zone deux fois plus importante dans le même bassin versant. C’est assez compliqué mais dans le cas du site de Notre-Dame-des-Landes, ça paraît géographiquement impossible.
Il y a aussi, sur le terrain, une implantation de militants alternatifs qui préparent pour cet été, un grand rassemblement, un happening façon Larzac. La contestation anti Notre-Dame-des-Landes mobilise tout un tas de mouvement autonomes, anarchistes, écologistes et décroissants. Ils interrompent toutes sortes de manifestations politiques et culturelles à travers le pays et bien des responsables PS trouvent que le projet fétiche de Jean-Marc Ayrault commence à être politiquement assez encombrant et coûteux alors qu’on leur demande toutes sortes d’efforts financiers.
Il y a déjà assez de dossiers économiques et sociaux qui séparent le PS et la gauche de la gauche comme ça ! Les membres de la délégation des écologistes qui ont été reçus à l’Elysée à la fin de l’année dernière ont été agréablement surpris d’entendre le Président leur expliquer qu’il avait demandé au Premier ministre de prendre un peu de distance personnelle vis-à-vis de ce projet nantais.
A Paris, Jean-Marc Ayrault semble bien le dernier responsable vraiment convaincu que Notre-Dame-Des-Landes doit être construit… mais déjà Matignon dit pouvoir envisager qu’un nouveau calendrier puisse être établi après la remise du rapport. « Un nouveau calendrier » pour une décision politique c’est un peu comme quand un couple commence à se dire qu’il faut prendre du champ, du recul, s’accorder du temps… généralement ça veut dire que c’est mal barré !
http://www.franceinter.fr/emission-l-edito-politique-notre-dame-des-landes-ne-se-fera-pas