blog du Npa 29, Finistère
10 janvier 2013
Pour le collectif Gaspare, l'implantation d'une centrale à cycle combiné gaz à Landivisiau est une hérésie. Et il entend bien le prouver. S'appuyant sur des prospectives de l'Ademe, il présentera un scénario alternatif le 18janvier prochain.
«Garantir l'avenir solidaire par l'autonomie régionale énergétique»: tel est l'objectif de Gaspare qui
compte, à ce jour, près de 5.000 sympathisants. Depuis des mois, le collectif dénonce le projet d'implantation d'une centrale à cycle combiné gaz en Bretagne. Certes, l'autorisation d'exploitation n'a pas encore été signée, le permis n'a pas été déposé et sa mise en route, initialement prévue en 2016 à Landivisiau, semble donc un peu compromise. Pour autant, le collectif ne lâche rien. Le temps de la
réflexion et des manifestations passé, il a décidé de travailler sur le fond. L'idée: participer activement à la conférence environnementale sur la transition énergétique que le gouvernement veut
mettre en place dès février, en déclinant le débat par région. Et pour Gaspare, pas question
d'arriver la fleur au fusil. Le collectif veut être «une force de propositions crédibles». Pour ce faire, il a donc commandé (et entièrement financé) une étude au cabinet conseil en écologie
Horizons.
Consommation en baisse
Selon le collectif, «ce document, qui s'appuie sur des données institutionnelles récentes, de l'Ademe notamment, démontre l'absence de besoin d'un moyen de
production de pointe supplémentaire en Bretagne d'ici 2020». Pour Christine Reich-Bertho et Alain Le Suavet, porte-parole, «le diagnostic du pacte électrique
énergétique breton, qui sert de référence à la Région et à l'État, est inexact. Il présente des chiffres datant de 2007, aujourd'hui caduques». Sans abattre toutes leurs cartes, ils affirment par
exemple que «le dit pacte présentait une hausse de la consommation électrique de 19% par an alors qu'en2012, elle n'a été que de 9%». Ils pointent également «la
non-quantification du développement des énergies renouvelables ou encore le fait que le pacte
faisait état de la fermeture des turbines à combustion de Brennilis et Dirinon... Fermetures finalement repousséesà2020 et2030».
«Il faut interdire le chauffage électrique»
Pour Gaspare, il y a donc urgence à remettre toutes les données à
plat. Il a, de son côté, rédigé un scénario alternatif et présentera cette contribution le 18 janvier. Aux élus d'abord. «Malheureusement, beaucoup ont
étrangement décliné notre invitation», déplore Alain Le Suavet.
À la population ensuite, «les citoyens devant impérativement s'emparer du débat». Avant d'augmenter la production, le collectif estime, en effet, qu'il faudrait diminuer la consommation. Et pour lui, l'une des solutions serait «d'interdire le chauffage électrique», aujourd'hui installé dans 35% des foyers bretons.
Pratique Réunion publique le 18janvier, à 20h30, salle François-de-Tournemine à Landivisiau. Tél.09.62.60.16.92