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blog du Npa 29, Finistère

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PalestineLeaks : Al-Jazira révèle les dessous du fiasco proche-oriental

 

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Al-Jazira sur les traces de WikiLeaks? La chaîne d'info qatarie a entamé, ce soir, la divulgation de près de 1700 documents secrets concernant les négociations israélo-palestiniennes. Ces documents sont également publiés par le quotidien britannique The Guardian, déjà associé, il y a deux mois, à la fuite des télégrammes secrets du département d'Etat américain orchestrée par WikiLeaks.


Ces mémos, compte-rendus de rencontres, cartes, email internes, etc. portent sur la période 1999-2010. Ils seront progressivement mis en ligne jusqu'au 26 janvier, et téléchargeables en pdf.

Ils révèlent l'ampleur des concessions auxquelles l'Autorité palestinienne était prête pour obtenir un accord de paix, et l'inflexibilité totale d'Israël, qui n'était prêt à abandonner que des miettes.

La chaîne affirme que sa volonté est "d'informer, pas de causer du tort". Elle affirme avoir vérifié l'authenticité des pièces, mais ne dévoile pas ses sources.

Ses révélations pourraient avoir un effet dévastateur pour le président Mahmoud Abbas, déjà très affaibli, et pour ses conseillers, en particulier le chef négociateur Saëb Erakat qui aurait offert à Israël "le plus grand Jérusalem de l'histoire juive".

 

Selon Al-Jazira, ces documents montrent:


- qu'en 2008, l'Autorité palestinienne était prête à abandonner à Israël la quasi totalité des colonies juives de Jérusalem-est (à l'exception de Har Homa). Ces colonies sont pourtant parfaitement illégales au regard du droit international.


- que l'Autorité palestinienne était prête à d'énormes concessions sur le "droit au retour" des réfugiés palestiniens dans les maisons dont ils avaient été chassés lors de la création d'Israël, en 1948. Ce droit était jusqu'alors considéré, côté palestinien, comme sacré et non négociable.


- qu'Israël n'a proposé que des terres limitées et sans grande valeur, en bordure de la bande de Gaza et de la Cisjordanie, en échange de l'annexion de la plupart des colonies juives, dont celles d'Ariel et Maale Adoumim.


- que des dirigeants israéliens voulaient se débarrasser d'une partie de leurs concitoyens arabes (20% de la population) en les transférant dans le futur état de Palestine.


- que le chef de la diplomatie palestinienne, Ahmed Qoreï, avait demandé à son homologue israélienne Tzipi Livni, en 2008, de renforcer le blocus de la bande de Gaza (afin d'affaiblir le Hamas) et que des dirigants de l'Autorité palestinienne étaient avertis de l'imminence de l'offensive contre Gaza (l'opération Plomb durci) à la fin de 2008.


L'analyste américain Robert Grenier, retraité de la CIA et membre du Council on foreign relations, auquel Al-Jazira a soumis les documents, en tire la conclusion que "le processus pour une solution à deux Etats est mort".


Au passage, Grenier juge très sévèrement l'attitude américaine qui a consisté à pousser les dirigeants palestiniens à prendre "des risques disproportionnés en vue d'une solution négociée", pour les abandonner au milieu du gué. Il dit éprouver un sentiment de "honte".

 

http://globservateur.blogs.ouest-france.fr/archive/2011/01/23/al-jazira-palestineleaks.html#more

 

Révélations de documents sur le Proche-Orient : l'impossible paix

C'est une nouvelle « bombe » qui sort des documents diplomatiques ce dimanche soir, simultanément dans The Guardian britannique et la chaîne panarabe Al Jazeera : 1 600 télégrammes consacrés au conflit israélo-palestinien, couvrant les vingt dernières années, qui risquent de se révéler embarrassants pour tous les protagonistes. Des documents qui ne rendent pas optimiste, car ils montrent, comme le titre The Guardian, « la lente mort du processus de paix ».


Attribués initialement à WikiLeaks, ils sont en fait décrits comme « révélés par Al Jazeera » qui les a partagés avec le Guardian. Le modus operandi est toutefois celui instauré par WikiLeaks, une diffusion massive de documents confidentiels analysés par une équipe rédactionnelle. Il reste à voir si WikiLeaks n'st pas en fait derrière, sans vouloir apparaître cette fois.


Comme le souligne Jonathan Freedland, le spécialiste de cette région au Guardian, si on peut se demander qui sortira le plus « endommagé » de ces révélations, c'est d'abord le « sentiment de fierté palestinien » qui risque d'être le premier affecté. Notamment par certaines révélations qui, dans certains cas, sont des confirmations.

On apprend en effet à la lecture de cette sélection de documents que les négociateurs de l'Autorité palestinienne ont été prêts à concéder à Israël la souveraineté sur « le plus grand Yerushalayim [Jérusalem en hébreu, ndlr] juif de toute l'histoire juive », selon l'expression de Saëb Erekat, l'interlocuteur palestinien d'Israël depuis plus de quinze ans, et dont Freedland estime qu'il risque d'y perdre pour toujours sa crédibilité.

Toutes les colonies de Jérusalem-Est sauf une

L'Autorité palestinienne a en effet proposé dès 2008, répété en janvier 2010, d'entériner toutes les colonies israéliennes à Jérusalem-Est sauf une, dans un règlement définitif du conflit. Une concession massive qui sera sans doute jugée inacceptable par une grande partie des Palestiniens pour qui Jérusalem-Est, considéré internationalement comme un territoire occupé depuis juin 1967, doit revenir à un futur, hypothétique Etat palestinien.

Les Palestiniens ont également proposé de diviser la vieille ville de Jérusalem, et de laisser à Israël le contrôle du quartier juif et d'une partie du quartier arménien.

« Que puis-je donner de plus ? », s'est exclamé en janvier 2010 le négociateur palestinien Saëb Erekat à Washington !


Parmi les autres concessions, les Palestiniens se disaient prêts à limiter à 10 000 le nombre de réfugiés palestiniens autorisés à retourner dans ce qui est devenu Israël après la partition de 1948, et de reconnaître Israël comme un Etat juif, comme le demandent ses dirigeants. Deux concessions de taille jamais acceptées par la partie palestinienne auparavant.

Parmi les autres révélations explosives, figurent des détails sur la collaboration étroite entre les services de renseignement israéliens et de l'Autorité palestinienne dans la lutte contre le terrorisme, et le fait que l'Autorité présidée par Mahmoud Abbas avait été informée par avance par le gouvernement israéllen du déclenchement de la guerre contre le Hamas à Gaza, en décembre 2008 et janvier 2009.


Ces révélations seraient acceptables pour les Palestiniens si elles avaient été suivies d'un déblocage des négociations et d'une amélioration de leur sort sur le terrain. Mais on sait que tel ne fut pas le cas et que ces négociations sont aujourd'hui au point mort. Ces révélations risquent de renforcer le discours des islamistes qui accusent l'Autorité palestinienne de « collaborer » avec Israël, sans que l'occupation ne cesse.

Il y a bien un « partenaire pour la paix »

Toutefois, comme le souligne Jonathan Freedland dans son analyse des documents dans The Guardian, ces révélations montrent que, contrairement à ce qu'a longtemps affirmé le gouvernement israélien, il avait bien en face de lui un « partenaire pour la paix » :

« Ces documents font voler en éclat une des pierres angulaires de la diplomatie publique israélienne : l'affirmation qu'il n'y a pas de partenaire palestinien. Ce thème, qui se répète depuis des années dans la bouche des porte paroles israéliens, est contredit par ces documents, qui montrent que non seulement il y a bien un partenaire palestinien, mais qu'il est plus accomodant que tous ceux qui lui succèderont. »

Il ajoute que les optimistes verront dans ces documents matière à « réveiller » les négociateurs, mais qu'au Proche-Orient, ce sont les pessimistes qui ont généralement raison. Difficile de lui donner tort.


Correction le 23/1/11, à 23h00, avec la correction sur l'attribution des documents à Al Jazeera, et pas à WikiLeaks.

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