blog du Npa 29, Finistère
6 novembre 2010 - Le Télégramme
L'annonce de la suppression de 1.800 postes à Pôle emploi d'ici fin 2011 a fait l'effet d'une bombe. Les salariés de la structure douarneniste seront en grève mardi.
Dans un climat social déjà tendu, les salariés de Pôle emploi ne semblent pas prêts à accepter cette décision sans réagir.
Déjà cinq conseillers en moins
À Douarnenez, ils ont décidé d'exprimer leur colère par une journée de grève, mardi. D'autant plus motivés que la diminution des effectifs y est déjà en route. «En
début d'année, nous étions 21 conseillers-emploi opérationnels. Aujourd'hui, nous ne sommes plus que seize», décompte Laurent Quéré, délégué syndical. Où sont passés les cinq manquants?
«Soit ils sont passés encadrants, soit ils étaient en CDD, soit ils sont partis sur d'autres pôles. Et aucun n'a été remplacé. C'est donc déjà très difficile de
faire notre travail. Les directives nationales disent que nous devrions être capables de suivre, en moyenne, 105 dossiers. Ici, c'est de l'ordre de 150 dossiers par conseiller. Nous avons des
gens de Pont-de-Buis, de Rosnoën, du Faou, qui étaient suivis à Châteaulin et qui doivent maintenant venir à Douarnenez, une fois par mois. Il est évident que toutes ces personnes ne peuvent pas
être correctement suivies. Et cette surcharge fait que des entreprises de ces secteurs enclavés géographiquement ne sont pas prospectées».
Passage en force
«Déjà l'année dernière, à la même époque, nous avions fait grève, poursuit le syndicaliste. Nous pensions que cela avait fait avancer la question concernant la
préservation de nos deux spécificités professionnelles, conseil à l'emploi et indemnisations. Aujourd'hui, on se rend compte que la direction est en train de passer en force sur ce point. On est
train de vouloir nous faire entrer dans un système qui sera préjudiciable aux demandeurs d'emploi, à cause du volume de gens à suivre».
Meilleure lisibilité
«Nous venons seulement d'avoir accès aux plans», déplore Laurent Quéré à propos du nouveau Pôle emploi, en cours d'achèvement à Tréboul. «Nous n'avons pas été
associés à la réalisation de ce bâtiment. Normalement, nous devrions avoir plus de place et cela nous évitera des déplacements. Surtout, cela permettra une meilleure lisibilité pour les usagers,
notamment les entreprises. Aujourd'hui, il n'est pas rare que des employeurs se baladent entre le site de Ploaré (ex-ANPE) et celui du centre-ville (ex-Assedic)». Une perspective de meilleures
conditions de travail qui ne semble pas suffire à calmer la colère des salariés de Pôle emploi.