blog du Npa 29, Finistère
16 septembre 2010 - Le Télégramme
Un ruisseau victime d'une pollution d'origine agricole à Plonévez-Porzay:la coïncidence est fâcheuse alors que se préparent deux rassemblements antagonistes dimanche à Sainte-Anne- la-Palud, sur le territoire de la commune.
Truitelles, anguilles et autres chabots ventre à l'air, sans compter de nombreux insectes inanimés : c'est un spectacle de désolation qu'ont découvert, hier matin, les bénévoles de l'APPMA du pays de Châteaulin. «L'odeur est épouvantable. On a parcouru 150 mètres et ramassé une cinquantaine de poissons», se désolait, hier, Serge Decroizette, l'un des administrateurs de l'association. La veille, l'Office national de la chasse et de la faune sauvage ainsi que les pompiers de Douarnenez étaient les premiers sur les lieux, le long du Lapic, un ruisseau qui traverse la commune de Plonévez-Porzay avant de rejoindre la baie de Douarnenez.
Le temps que les trois agents de la police de l'environnement remontent l'inventaire précis des espèces touchées par cette souillure du milieu naturel, une plainte
devrait être déposée dans les tout prochains jours. Si l'enquête ne fait que démarrer, l'origine agricole de cette pollution chimique très localisée ne semble faire aucun doute. Selon nos
informations, l'infraction constatée désignerait un agriculteur de la commune, dont le ruisseau lézarde au milieu de ses terrains. Ce dernier aurait d'ailleurs admis avoir lessivé, il y a
quelques jours, une citerne contenant un herbicide. Pour une raison que l'enquête devra déterminer, la manipulation se serait mal passée.
La municipalité se portera partie civile
De son côté, le maire de la commune, Paul Divanac'h, qui préside aussi la commission Environnement au sein de la communauté de communes du pays de Châteaulin et du
Porzay, a immédiatement réagi, «estimant que c'est l'image de la commune qui est pénalisée». À l'image de l'association de pêche et de protection du milieu aquatique, bien décidée à se porter
partie civile dans ce dossier, il a demandé officiellement à l'ONFS que, dans le cadre de la procédure judiciaire qui s'engage, «la commune puisse faire valoir tous ses droits en tant que
collectivité ayant une responsabilité et un engagement dans la protection et la valorisation des milieux naturels ».
«Un cas particulier»
Ironie du sort, la découverte de cette pollution intervient à quelques jours du
double rassemblement annoncé dimanche sur les dunes de Sainte-Anne-la-Palud, avec, d'un côté, une centaine d'associations environnementales, et de l'autre, des
agriculteurs de la commune qui se prévalent du renfort de quelques commerçants et artisans. A priori, les deux camps devraient se tenir à un petit kilomètre de distance, ce qui est loin de
dissiper les craintes du maire. «Malheureusement, ce fait nouveau risque de mettre de l'huile sur le feu», redoute-t-il, soucieux également que ce «cas particulier» ne vienne ternir l'image de
l'ensemble de la profession agricole, très présente dans la commune. Propos reçus cinq sur cinq par Jean Hascoët, le président de l'association Baie de Douarnenez Environnement.
À l'origine du rassemblement régional «Pour un vrai programme contre les algues vertes», prévu dimanche, il évitait soigneusement l'amalgame. «Vous évoquez un cas. Notre combat n'est pas celui des polémiques ponctuelles. Ce que nous souhaitons, c'est parvenir à ouvrir un large débat sur la transformation des pratiques agricoles». Un discours très pondéré, mais qu'en sera-t-il dimanche ?