blog du Npa 29, Finistère
30 mai 2012 -
Chacun leur tour, les huit candidats pour les législatives dans la 3e circonscription ont répondu aux questions de la rédaction. Aujourd'hui Cédric Cadoret, objecteur de croissance, pour le NPA, Nouveau parti anticapitaliste.
1/Particulière dans son découpage, la 3e circonscription ne correspond pas à un bassin de vie. Avantage et/ou
inconvénient?
Il convient de définir ce qu'est un bassin de vie. Un bassin de vie est un «territoire présentant une cohérence géographique, sociale, culturelle et économique,
exprimant des besoins homogènes en matière d'activités et de services». Cette définition permet de dire qu'on ne peut classer la 3e circonscription comme telle.
Le terme de bassin de vie permet à l'État de classer des zones de telle manière à pouvoir gérer des décisions sur ce territoire. Or les plus à même de décider de la gestion de celui-ci sont les
citoyens y vivant. Ainsi, il me semble que dans chaque ville, bourg, village les citoyens doivent décider de leur avenir commun. Évidemment, il ne s'agit pas de s'ostraciser mais bien au
contraire de créer du lien social qui nous manque tant.
2/L'économie locale est dominée par l'agriculture et l'agroalimentaire; selon vous est-ce une force ou une faiblesse?
L'agriculture et l'agroalimentaire dans la circonscription représentent entre 40% et 45% du PIB. En tant qu'objecteur de
croissance, je ne considère pas l'agriculture productiviste intensive comme une «force» pour la circonscription. L'agro-industrie ne pense ni diététique, ni richesse culturelle.
L'agro-industrie fait de l'agrobusiness détruisant l'environnement et nos paysans. Elle préfère voir pousser les royalties plutôt que la biodiversité. De plus, je suis pour une production
locale et une consommation locale respectueuse de l'environnement et soucieuse de l'impact social.
3/L'environnement est une préoccupation majeure. Quelles mesures souhaiteriez-vous initier dans ce domaine?
Nous avons comme objectif premier au niveau de l'environnement de cesser la production électronucléaire mortifère et dangereuse. Il faut sortir du modèle
capitaliste qui monétarise tout le vivant et l'environnement par l'imposture de la croissance verte.
4/Tout le monde s'accorde sur la nécessité d'achever l'axe Triskell pour désenclaver le Centre-Bretagne. Quelles sont vos ambitions pour ce projet qui
traîne en longueur?
En tant que défenseur du développement soutenable, je ne peux être que contre la mise en place de l'axe Triskell. Nous devons cesser le «tout voiture». La
raréfaction des énergies fossiles nous oblige à penser à d'autres moyens de transport. En effet, la redynamisation de nos territoires peut passer par la remise en place des voies ferrées
existantes.
5/L'ouverture du pôle de santé public-privé de Kério ne masque pas une démographie médicale inquiétante. Pensez-vous qu'il faille légiférer pour palier un
désert médical?
D'après un récent sondage fait par l'Ordre national des médecins, les auteurs soulignent que: «les incitations à l'installation en milieu rural ne sont jamais
considérées comme un critère à prendre en compte, et sont jugées inefficaces car la question de l'installation de jeunes médecins n'est que partiellement médicale. Elle renvoie à l'évolution
des modes de vie et aux problèmes d'aménagement du territoire».
Tout est dit. Faut-il rappeler que dans certains pays, on paie le médecin pour ne pas être malade! Les industries pharmaceutiques sont aussi des industries
productivistes qui visent à faire du profit sur notre santé. Je ne pense pas qu'il soit nécessaire de légiférer ni de donner plus d'aides. Nous appelons un changement de modèle de société plus
humaine où la prévention sanitaire vaudra mieux que la guérison...
6/Quelle place selon vous est-il utile d'accorder à l'enseignement du breton?
L'enseignement du breton doit se faire exclusivement dans le public et cesser les subventions aux privés. Il faut préciser que le breton scolaire est difficilement
utilisable auprès de nos anciens...
7/Si vous êtes élu, quel député serez-vous?
Cette question appellerait à une réponse type que je ne vous donnerai pas puisque d'autres l'auront déjà fort bien fait avec flagornerie. Je suis favorable au
mandat impératif et révocable. L'initiative doit être au citoyen ainsi que les prises de décisions.
Cédric Cadoret, 35 ans, est le candidat du Nouveau parti anticapitaliste dans la 3 circonscription. Ce natif de Vannes, qui réside à Lignol, est titulaire d’un BTS action commerciale et d’une licence en commerce électronique, obtenus à Orléans. Il a tenu une salle de jeux en réseau durant quatre ans, avant de se lancer dans le dépannage informatique, comme autoentrepreneur.
Aujourd’hui demandeur d’emploi, il se définit comme un « objecteur de croissance ». Cédric Cadoret s’est présenté en 2010 aux élections régionales, sur la liste « Vraiment à gauche ». « Il faut repenser notre façon de produire et de consommer, en tenant compte de l’impact social et environnemental », explique-t-il.