blog du Npa 29, Finistère
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À l’heure où ces lignes sont écrites, l’offensive israélienne contre Gaza est toujours en cours. Même si l’avenir est incertain, il est néanmoins déjà possible de tirer un premier bilan des événements de ces derniers jours.
1) L’État d’Israël et les victimes des tirs de roquettes : les prophéties auto-réalisatrices
Il ne s’agit pas ici de nier la réalité des tirs de roquettes sur le sud d’Israël, ni même le fait qu’ils aient considérablement augmenté au cours de l’année 2012. Les chiffres de l’armée israélienne et des groupes armés palestiniens concordent sur ce dernier point. Mais l’un des points sur lesquels l’armée israélienne communique peu est le nombre de victimes des roquettes et obus de mortiers, et les périodes durant lesquelles ces civils israéliens ont été tués. Il est vrai que ces statistiques tendent à démontrer que les phases d’opérations militaires israéliennes sont précisément celles durant lesquelles le nombre de victimes civiles est le plus élevé.
Si l’on se contente d’observer le cycle ouvert par la prise de contrôle de Gaza par le Hamas en juin 2007, on dénombre en effet 13 victimes civiles, dont 7 (soit plus de la moitié) durant les opérations « Plomb Durci » (hiver 2008-2009, 4 morts) et « Pilier de Défense » (offensive en cours, 3 morts à ce jour). Concernant cette dernière, force est de constater qu’elle a été déclenchée alors que les roquettes n’avaient fait aucune victime depuis plus d’un an, et que dès le lendemain de l’assassinat d’Ahmad Jaabari, responsable militaire du Hamas, 3 civils israéliens ont été tués. Israël a immédiatement intégré ces trois victimes à sa « comptabilité », et s’en sert aujourd’hui pour justifier la poursuite et l’extension de l’offensive militaire.
Dans l’opération en cours il y a donc, du strict point de vue du nombre des civils israéliens tués par les tirs de roquettes, un renversement des causes et des conséquences. De même, au moment du déclenchement de l’opération « Plomb Durci », les roquettes n’avaient tué personne depuis plus de 6 mois, et elles ont fait 4 victimes dans les 3 jours suivant les premiers bombardements israéliens. Les ripostes palestiniennes aux opérations israéliennes servent donc de prétexte, a posteriori, pour légitimer ces dernières, ce qui confère au discours actuel de l’establishment israélien une dimension évidente de prophétie auto-réalisatrice.