L'arrivée du système KorriGo pose question aux militants qui dénoncent
le fichage des citoyens.
Jean-Pierre Bigorgne, chargé des transports au
sein de l'agglomération,
rassure les usagers.
Polémique :
« La carte KorriGo, c'est une nouvelle manière de ficher les
citoyens.
La puce renferme des données personnelles collectées dans des
fichiers. À quoi serviront-ils ? »
Le collectif quimpérois « Faut pas pucer », tire la sonnette d'alarme.
Il proteste notamment contre le projet de Quimper-communauté qui
met en place une nouvelle carte de bus, le pass KorriGo. « Ce
système, applicable sur l'ensemble de l'agglomération en
mai 2012, fonctionnera grâce à une puce RFID (radio frequency
identification), véritable traçage des personnes, dénonce
Stéphane Le Goff, porte-parole. C'est un titre de transport
rechargeable qui permettra de circuler en bus, en train ou en
vélo dans toute la Bretagne. »
Liste noire
Cette carte de billetique multimodale a été mise en place
par Keolis dans l'agglomération rennaise en 2006. Pour valider
son titre de transport, il suffit de la passer à dix centimètres au moins
des bornes de lecture, même dans une poche ou un sac. « Ce système
peut paraître moderne mais ce qui nous inquiète c'est l'utilisation
des données contenues dans la puce, ajoute Stéphane Le Goff.
En cas de fraude, l'utilisateur peut être inscrit sur une liste
noire, consultée par les forces de l'ordre et dont il est
très difficile de se désinscrire. »
Le collectif rappelle qu'à Rennes, ce système a fait l'objet d'un
avertissement de la Cnil (commission nationale de l'informatique
et des libertés) en 2009. Cet avertissement concernait la carte anonyme
(avec très peu d'informations), payante, mais qui ne pouvait pas être
attribuée aux usagers qui bénéficiaient d'un tarif social. Par ailleurs,
les données (trajets, numéros de carte, horaires...) des dernières 48
heures peuvent être communiquées à la police en cas de réquisition
judiciaire. La Cnil a donc dénoncé les « manquements constatés
relatifs au respect de la vie privée. »
Gratuité
« Au nom de la modernité, on met les citoyens
sous surveillance perpétuelle, lance Alain Guil, d'AC contre
le chômage. Nous avons une solution plus simple pour régler
le problème : la gratuité des transports. »
Selon « Faut pas pucer » le système KorriGo, étendu à Brest,
Lorient, Vannes..., menace les libertés individuelles. « À Quimper,
nous avons écrit plusieurs fois à la Ville depuis le mois de juin
afin d'obtenir les termes du contrat avec Keolis, ajoute
Jeanine
Carrasco. Nous n'avons jamais obtenu de réponse. Y a-t-il
quelque chose à cacher ? »
Note : le Collectif comprend des militants d'AC ,de la
CNT,
du CRABES,du NPA, du Parti de Gauche et des citoyens.