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blog du Npa 29, Finistère

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Quimper: retraites, 11.500 manifestants sur le pavé

24 septembre 2010 - Le Télégramme


Douze mille manifestants le 7 septembre et 11.500 hier, dans les rues de Quimper, pour rejeter le projet de réforme des retraites. Stabilisation de la mobilisation locale donc. Les salariés du privé étaient moins présents, les jeunes un peu plus.


«La retraite, ça se fête surtout quand on est presque dans le trou», rit jaune une femme vêtue de rose dans le cortège des 11.500 manifestants. À quelques pas, un militant CGT arbore un autre message sur son chapeau haut-de-forme. Il y est écrit: «Le travail y'en a assez / La retraite est méritée/ Les prisonniers du boulot/ Font pas de vieux os». Sur d'autres panonceaux brandis à bout de bras, une équation: «Travail des vieux=chômage des jeunes», ou cette exclamation «Métro boulot caveau, non merci!»

Bonduelle, Girex...

Des femmes, des hommes... et des enfants. Pas toujours les derniers d'ailleurs à pousser le slogan! Plusieurs milliers de salariés et étudiants, de chômeurs et retraités de bien des âges sont donc, une nouvelle fois, descendus dans les rues de Quimper, hier, en fin de matinée, avec la ferme intention exprimée «de faire reculer le gouvernement sur la réforme des retraites». Beaucoup de fonctionnaires chez les actifs, mais aussi des salariés de Bonduelle, Girex, des Papillons Blancs ou de Kan ar Mor...


«Ensemble dans l'unité pour le droit à la retraite à 60 ans, nous pouvons gagner!», leur a ainsi lancé au micro un cégétiste au nom de l'intersyndicale CFDT-CGT-CFTC-CGC-FSU-Solidaires-UNSA. FO et la CNT se sont, elles aussi, jointes au cortège, tout en se dissociant de l'intersyndicale. Dans les rangs également, quelques bannières et militants de partis politiques de gauche (PS, PCF, Verts, UDB) et d'extrême gauche (NPA). «Le gouvernement et les députés de droite ont décidé de passer en force, censurant le débat à l'Assemblée nationale, faisant fi de l'opposition d'une grande majorité de la population», a regretté le syndicaliste, au nom de ses partenaires finistériens. «Et les quelques amendements adoptés ne remettent pas en cause le caractère fondamentalement injuste et inacceptable de cette réforme», a-t-il commenté dans le silence de la foule.

«Un grand débat» réclamé

Évoquant pêle-mêle le recul de l'âge légal de la retraite de 60 à 62 ans, la hausse de la durée de cotisation, il a notamment insisté sur le fait que «le recul de l'âge du départ à taux plein de 65 à 67 ans va durement aggraver la situation des salariés qui ont eu une vie professionnelle morcelée, en particulier les femmes et ceux qui sont entrés tardivement sur le marché du travail».

 

L'intersyndicale estime que la réforme imposée ne répond pas «aux questions d'emploi, en particulier des jeunes et des seniors, ni à la résorption des inégalités, ni aux besoins de financement».

 

«La pénibilité du travail n'est pas reconnue dans ses conséquences sur l'espérance de vie des salariés», complète-t-elle. Les syndicats unitaires ont réaffirmé, hier, leur «totale détermination à empêcher le recul social ». Ils continuent de réclamer, comme «une majorité de Français », un «grand débat sur les retraites, l'examen d'alternatives et de véritables négociations». Dès hier, l'intersyndicale finistérienne a appelé les salariés présents «à mettre en débat sur votre lieu de travail la suite à donner au mouvement».

 


12 000 manifestants contre la réforme des retraites
vendredi 24 septembre 2010 Ouest France

En recul, la mobilisation est restée forte, hier, dans la capitale de la Cornouaille. Certains ne sont pas venus, faute de moyens. Alors, ça coûte combien de faire grève ?

« C'est plus dur pour les jeunes »


Joséphine, 60 ans, enseignante. « Pour moi, l'argent que l'on perd n'entre pas en ligne de compte dans le choix de faire grève ou non. En manifestant, je perds 80 €, l'équivalent d'une journée de travail. Ça ne me fait ni chaud ni froid. Mais c'est plus dur pour les jeunes collègues, ceux qui ont des enfants à charge et une maison à payer... Ils ne peuvent pas se permettre de grever le budget de leur foyer. »


« Je profite d'un arrêt maladie... »


Marie (prénom d'emprunt), 46 ans, ouvrière dans l'agroalimentaire. « Moi, je suis en arrêt de travail. Donc, ça ne me coûte rien. Je ne manifeste que quand je ne travaille pas. Ce n'est pas du tout ancré dans les moeurs de mon entreprise. On a beau avoir le droit de grève, on a des ennuis après. Collègues et direction nous mettent la pression pour rester au boulot. On nous dit que, sans nous, l'équipe est déséquilibrée, qu'il faudra venir le samedi pour finir le travail. Et après la grève, quand on a une demande à formuler, on nous refuse tout... C'est décourageant. »


« Trop, c'est trop ! »


Yann, 30 ans, ingénieur, en couple, un enfant. « Chez nous, les fins de mois sont difficiles. C'est ma paie qui fait vivre toute la famille. Du coup, je ne m'étais pas encore décidé à faire grève. Mais là, trop, c'est trop ! Il était temps de descendre dans la rue. Tant pis pour la perte de salaire. Je n'ai pas encore compté ce que ça représente. On fera juste un peu plus attention à la maison. S'il le faut, je redescendrai dans la rue, mais pas avant que ma paie tombe, le mois prochain... »


« Des heures sup'»


Marc, 50 ans, ouvrier dans le secteur laitier. « Ce jeudi, je ne travaillais pas. Alors, je ne perdrai rien. Mais je serais aussi venu si j'avais été de service. J'ai déjà débrayé quatre fois cette année. Comme je travaille beaucoup et en 3x8, j'ai toujours réussi à récupérer ce que j'avais perdu en faisant des heures supplémentaires. »


« On n'est plus à ça près ! »


Arsène, 52 ans, ouvrier. « Je n'ai aucune idée de ce que je vais encore perdre sur mon salaire. Je serai licencié en novembre, mon entreprise ferme. Je ne suis donc plus à ça près. Bien sûr, ça tire sur les salaires. Mais si on ne se bat pas maintenant, il ne nous restera bientôt que nos yeux pour pleurer. »

« Ça nous coûte moins cher que la réforme »


Roger, 54 ans, dans le secteur de la pêche. « Je m'en moque de perdre de l'argent en faisant grève. Ça nous coûte toujours moins cher que la réforme sur les retraites. S'il faut manifester encore et encore, je serai là. »


« On n'a pas le choix ! »


Bernard, 56 ans et Philippe, 45 ans, informaticiens. « Il y a moins de monde dans le cortège que la dernière fois. Tout le monde ne peut pas se permettre de faire grève. Nous, c'est la cinquième fois depuis le début de l'année. Alors, on est bien obligés de faire attention à nos dépenses. Mais on n'a pas le choix. C'est la seule façon de se faire entendre. On ne va tout de même pas lancer des pavés au visage du Président ! »

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