blog du Npa 29, Finistère
20 octobre 2010 - Le Télégramme
C'est une haie d'honneur spontanée des plus anciens qui a accueilli les lycéens hier, en fin de manifestation, place de la Résistance. Cette sixième journée de mobilisation a été marquée par la présence massive de jeunes, motivés sans débordements.
Ça a commencé comme un concert rock place de la Résistance pour se terminer en rafales de tambours contre les grilles de la préfecture: la manif d'hier a été
marquée par la présence massive de lycéens dans le cortège. Sans doute 3.000, venus de Douarnenez, Pont-l'Abbé, Châteaulin, Concarneau et Quimper. Ce sont les jeunes qui ont donné le ton de cette
sixième journée de mobilisation réussie, avec toujours une absence remarquable des étudiants, si ce n'est quelques élèves de BTS. La mobilisation n'a donc pas faibli hier, avec 11.000
manifestants (12.500 le mardi précédent), même si à chaque manifestation, on ne retrouve pas les mêmes marcheurs. De quoi faire dire à un syndicaliste de Sud-Solidaires qu'il «n'y a jamais eu
autant de monde sur la place de la Résistance. Toute la Cornouaille est rassemblée». «De voir un mouvement qui dure sans faiblir avec des gens très différents, c'est une première», commentait
Denis, un cheminot CGT retraité qui en a vu d'autres. Dans le cortège, on remarquait des banderoles de Girex-Mazal dont la situation fait à nouveau l'actualité. «Usine sacrifiée: 170 familles
inquiètes» arborait un employé sur sa veste.
Et maintenant?
Et la suite? La question était bien embarrassante. «La lassitude n'est pas à l'ordre du jour, avait insisté un représentant de l'Unsa avant que le cortège ne se
mette en marche. Les indicateurs actuels (le Sénat a repoussé son vote à demain) nous invitent à poursuivre le mouvement». «La suite? Je ne sais pas, tout le monde s'interroge, répond Claude, le
cheminot retraité. Je remarque aujourd'hui des manifestants d'entreprises qui ne sont pas dans le mouvement depuis longtemps. Ils ne sont pas usés».
«La suite? Vous rigolez, on va jusqu'au bout, répond une éducatrice du centre des Papillons Blancs de Plonéour-Lanvern. On veut la retraite à taux plein pour tout le monde à 60 ans. Dans notre métier, nous connaissons la souffrance au travail et on nous demande de prendre en charge la souffrance des autres. C'est la sixième fois que je viens et je suis prête à continuer».
«S'il faut retourner dans la rue samedi, nous retournerons, ajoute un collègue éducateur. Même si ce n'est pas de gaieté de coeur car cela nous coûte». «Le gouvernement est sourd; s'il faut aller jusqu'au blocage des transports, du carburant, il faut y aller», ajoute un autre éducateur. «En espérant qu'il n'y ait pas de débordements». Derrière lui, un petit groupe de lycéens de Châteaulin arrive avec une banderole «Jean-Moulin fait de la résistance» illustrée par l'effigie du fameux chef de la Résistance qui a donné son nom au lycée de la ville.