blog du Npa 29, Finistère
Le Comité sectoriel de l’Automobile de la Fédération européenne des Métallurgistes (FEM) et les organisations françaises affiliées à la FEM condamnent fermement la conduite de Valeo dans ses activités en Corée du sud.
Ignorant complètement les règles de la responsabilité sociale d’entreprise et les droits les plus fondamentaux des travailleurs, Valeo a fermé sans annonce préalable son site de fabrication de Cheon-An qui fait partie de la division de Valeo Compressor en Corée. Les travailleurs ont été mis à la porte sans aucune indemnité ou quelconque aide. Ils ont reçu une notification officielle de la fermeture seulement après les faits.
Basé en France, Valeo est un fournisseur majeur de l’industrie automobile, qui compte parmi ses clients en Corée du sud Renault-Samsung Motors, Ssangyong Motors, Hyundai Heavy Industries ainsi que GM, Nissan et Mazda.
Il est tout simplement inacceptable que Valeo exploite les déficiences du droit du travail en Corée du sud. La liste des violations des droits de l’OIT y est longue, et les syndicats des métallurgistes ont déjà déposé de nombreuses plaintes auprès de l’OIT contre ce pays.
Ayant sa maison mère en Europe, la Direction de Valeo connaît parfaitement les règles et les lois qui accompagnent la fermeture d’une entreprise, notamment en ce qui concerne la participation des travailleurs et leurs droits à l’information et la consultation.
En France, tenter de fermer un site de production sans respecter les règles serait impensable ; les travailleurs toucheraient des indemnités et bénéficieraient d’une aide au replacement avec, si nécessaire, de vastes programmes de reconversion et de relocalisation.
Le Comité sectoriel de l’Automobile de la FEM et les organisations françaises affiliées expriment leur solidarité avec les travailleurs de Valeo en Corée du Sud qui subissent les conséquences de cette décision unilatérale de Valeo. Ils condamnent fermement la conduite de Valeo en Corée du Sud.
La Direction générale de Valeo doit maintenant ouvrir d’urgence des négociations avec les représentants des travailleurs de Valeo en Corée du Sud pour définir des mesures d’aide à la main d’œuvre touchée sur place. Les syndicats européens soutiendront leurs collègues sud coréens pendant leur lutte, et le Comité d’entreprise européen de Valeo suivra de près ce processus.
Pour la FEM et ses organisations affiliées, il est indispensable de définir des principes fondamentaux pour gérer les cas de restructurations d’activités internationales. Il ne devrait pas être permis que Valeo abuse des déficiences du droit du travail dans les pays étrangers, une situation qui ne se produirait jamais dans ses activités européennes.
Valeo doit réaliser que le travail n’est pas une marchandise, et que son code de Responsabilité sociale d’entreprise crée des obligations pour l’entreprise. La législation sociale doit être respectée.
Les autorités publiques en Europe doivent prendre en compte la situation des droits fondamentaux des travailleurs en Corée du Sud lorsqu’elles négocient avec le Gouvernement Sud Coréen.
Cette résolution sera traduite dans les différentes langues des organisations affiliées de la FEM et transmise aux travailleurs de Valeo en Europe.
Séville, 12 mai 2010