blog du Npa 29, Finistère
29 octobre 2010 - Le Télégramme
Six mille manifestants ont défilé, hier, dans les rues de Quimper, au lendemain de l'adoption du texte de loi sur les retraites. Une réussite pour les syndicats. Ils se disent prêts à poursuivre le bras de fer avec le gouvernement.
«Ce n'est jamais trop tard». Six mille Cornouaillais semblaient partager, hier, le sentiment d'Isabelle Letty, la secrétaire de l'union du Pays de Cornouaille de la CFDT. À l'occasion de cette septième journée de manifestation contre le texte de loi de réforme des retraites, la mobilisation a pourtant baissé d'un cran. En pleines vacances scolaires, l'intersyndicale est malgré tout parvenue à réunir 6.000 manifestants.
Près de la moitié moins que lors de la dernière journée de mobilisation. Une évolution à tempérer: le 19 octobre, 3.000 lycéens avaient rejoint le cortège. Ils
n'étaient que quelques dizaines hier. «Une manière de rappeler que la contestation de la réforme compte davantage que les vacances», pour Paul, élève en classe de première au lycée Thépot. Des
lycéens, prêts à poursuivre l'action dès la rentrée, mais pas à n'importe quel prix: «Tout dépendra de la suite des événements, mais on est prêts à poursuivre sur des actions ponctuelles... Notre
but est d'abord d'étudier».
«On a gagné l'opinion publique»
Dans le cortège, l'intersyndicale affichait également sa détermination, après le vote de l'Assemblée nationale. «Contrairement à ce que le gouvernement souhaiterait
faire croire, la loi réformant les retraites n'est pas encore bouclée», rappelait hier l'intersyndicale, quelques minutes avant que le cortège ne s'élance. Tant que les décrets d'application ne
sont pas publiés, les syndicats veulent toujours y croire. «C'est la raison pour laquelle nous ne sommes pas du tout dans une logique d'acceptation.» Secrétaire départemental Sud PTT, Yves Abiven
ne veut pas imaginer «un facteur de 65ans pousser un vélo chargé... Et puis, on ne peut pas accepter partir à 67 ans pour arriver à une retraite de 1.200 €». Un combat loin d'être vain pour
Isabelle Letty: «L'action syndicale a gagné l'opinion publique... J'espère que les gens vont s'en rappeler lorsqu'il faudra retourner aux urnes».
Dans les entreprises aussi
D'autant que, dans le cortège, les retraites ne sont pas le seul motif de mécontentement. Salariée dans le public, Christine, la quarantaine, entend rester
mobilisée: «Tous les jours, un membre du gouvernement nous explique que ça ne sert à rien d'aller manifester. Mais ce n'est pas la dernière réforme qui nous attend». Hier, le projet de loi de
réforme du financement de la Sécu était déjà sur toutes les lèvres.
Secrétaire de l'union locale CGT de Quimper, Gildas Le Goff estime d'ailleurs nécessaire de poursuivre la mobilisation dans la rue comme dans les entreprises: «Après des avancées à l'hôpital et à La Poste, la mobilisation gagne dans les entreprises privées». Dans ces conditions, l'intersyndicale n'entendait pas rendre les armes, hier, à l'issue de cette septième journée de manifestation. «On va échanger, réfléchir de manière démocratique et essayer d'être encore plus forts». La prochaine journée d'action est d'ores et déjà programmée le samedi 6novembre.