blog du Npa 29, Finistère
7 novembre 2010 - Le Télégramme
La population s'est mobilisée dans les grandes largeurs, contre le projet de réforme des retraites, pendant cinq mois. La loi est aujourd'hui votée, pas encore promulguée, mais, hier, ils n'étaient plus que 3.000 à manifester. La manif de trop? L'intersyndicale répond mais pas d'une même voix.
Hervé Goachet, secrétaire départemental CFDT. «Non,non, ce n'est pas la manif de trop... Il fallait bien cette autre manifestation pour passer à autre chose. Il y en a encore quelques-uns qui espèrent que le président Sarkozy ne promulguera pas cette loi mais il ne faut pas être naïf. Enrevanche, le dossier des retraites fera forcément partie de la campagne présidentielle de 2012. Et il n'est pas impossible que le Conseil constitutionnel retoque quelques-uns des 137 articles de cette loi qui initialement n'en comptait que 33.
La mobilisation des derniers mois aura de toute façon permis de faire de la pédagogie. Les femmes et ceux qui vivent dans la précarité se sont révélés. Cette réforme a été enclenchée àla hussarde. Le gouvernement en payera le discrédit. Nous allons continuer à nous battre sur les questions de l'emploi, des salaires, de l'emploi des jeunes, en faisant que l'intersyndicale perdure». Olivier LePichon, secrétaire de l'union locale CGT. «Non, ce n'est pas la manif de trop. Laloi est votée, pas promulguée et pas inscrite dans le marbre. Laprochaine échéance se situe au mois de juillet car c'est à ce moment-là que le décret sera mis en application. Nous sommes décidés à aller jusqu'au bout, avec l'intersyndicale ou pas.
Dans la semaine du 22 au 26novembre, à l'occasion de journées nationales de mobilisation, nous travaillerons avec tous ceux qui sont prêts à le faire. Nous constatons que le mouvement de protestation oscille un peu mais il est profond. Il ira dans la continuité. Nous en prenons l'engagement. C'est un leurre de penser que l'élection présidentielle de 2012 est le prochain rendez-vous de la contestation». Olivier Cuzon, porte-parole de Sud Éducation.
«Non, ce n'est pas la manif de trop. On ne peut pas partir sur un sentiment de résignation. Les gens continuent d'avoir envie
de se battre mais il y a sûrement de nouvelles formes à imaginer. L'ensemble des salariés a envie d'en découdre. Les comptes ne sont pas réglés. Nous nous sommes bien battus, même si nous n'avons
pas trouvé la recette pour faire reculer le gouvernement.
Fin octobre, il y a eu un moment critique où ça pouvait basculer dans une radicalité que nous n'avons pas réussi à construire. Ànous de faire notre autocritique. Le fait de se cantonner à des manifestations ou à des grèves, ça nesuffit pas. Que faut-il faire d'autre? Je ne sais pas. Nous n'avons pas l'habitude de faire autre chose. Ça reste à imaginer avec l'intersyndicale. C'est bien qu'elle reste unie. Nous avons de l'amertume mais pas de regrets». Sabri Zidane, secrétaire de l'union locale Unsa. «Non, ce n'est pas la manif de trop. Il y en aura d'autres. Sous quelle forme? Ça reste à définir. L'intersyndicale nationale se réunit lundi, à Paris, pour préparer les actions de la semaine du 22 au 26novembre. Pas forcément des manifestations. Quatre jours de retenue de salaire, ça commence à compter».