blog du Npa 29, Finistère
L'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris) vient de rendre son rapport. Il pointe la responsabilité de l'hydrogène sulfuré provenant des algues vertes en décomposition.
Dans un rapport rendu public hier, l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris) juge «hautement probable» que la mort de 36 sangliers sur la plage de Morieux (Côtes-d'Armor) est due au gaz dégagé par les algues vertes en décomposition.
Ce rapport ajoute aux rapports d'autopsie des animaux, déjà publiés, des analyses d'air révélant des concentrations record d'hydrogène sulfuré (H2S), et vient confirmer le rôle de ce gaz toxique dans la mort des animaux dans l'estuaire du Gouessant.
« Les niveaux de concentration mesurés dans les poumons ou le sang des animaux morts et les symptômes observés concourent à retenir l'hypothèse d'une intoxication par l'H2S comme hautement probable », souligne l'Ineris, un institut placé sous la tutelle du ministère de l'Écologie.
Les analyses d'air effectuées en plusieurs points de la baie ont fait apparaître des « dégagements importants de composés soufrés », allant jusqu'à 3 000 mg/m3 de H2S à la source, quand la vase ou les algues étaient foulées, soit un taux pouvant provoquer la mort quasi immédiate d'un homme.
Ce taux « pourrait conduire à un accident mortel dans un scénario extrême de chute et de perçage de la croûte des algues » notent les scientifiques.
Des analyses de l'air ambiant ont par ailleurs fait apparaître localement des mesures de H2S « supérieures au bruit de fond local, lui-même relativement élevé au regard des valeurs habituellement relevées », mais sans danger pour les populations avoisinantes, selon l'Institut.
« Le débat est clos »
Pour Eau et Rivières de Bretagne, « les conclusions des experts confirment les inquiétudes exprimées par les riverains des sites comme par les associations. Elles tranchent avec les propos inadaptés des services de l'État. Ces jours derniers encore, la préfecture des Côtes-d'Armor se refusait à dire que la seule hypothèse plausible de la mortalité des sangliers était liée à la décomposition des algues vertes. » Eau et Rivières estime que ce rapport de l'Ineris « clôt le débat ».
Les associations Sauvegarde du Penthièvre et Sauvegarde du Trégor ont annoncé leur intention de déposer une plainte pour « mise en danger de la vie d'autrui. »