blog du Npa 29, Finistère
8 juillet 2010 - Le Télégramme
Lourde, l'atmosphère, hier matin, sur le site occupé depuis huit jours par les salariés en grève de Thomson- Grass Valley. Les premiers retours des négociations qui se tiennent à Paris depuis mardi sont arrivés à eux. «De la provocation».
La deuxième salve de négociations avec la direction est entamée depuis mardi, à Paris. Si les représentants des salariés n'en quittent pas la table, comme il en a été question un temps, hier matin, elles'achèvera ce soir. «Mardi, un point a été fait sur le plan social. À Brest, 23 des 73 postes devraient être supprimés. Des postes, pour certains, incontournables. La semaine dernière, nous avons réussi àsauver celui du chef de chantier. Ces suppressions necorrespondent pas à une réalité industrielle.
C'est juste un arbitrage financier», témoigne Joël, dans l'entreprise depuis 15 ans. Le directeur des Ressources humaines fait aussi partie des salariés menacés.
«S'il reste à Brest une cinquantaine de personnes, on ne peut pas s'en passer», appuie, Thierry, un élu du personnel. Les grévistes le savent, combattre le PSE dans sa globalité n'est pas
réaliste. «Mais si la direction veut nous maintenir debout, qu'elle ne le fasse pas avec deux jambes de bois. Il y a des charges de travail à assumer». Le rapport d'expert-comptable du cabinet
syndex irait dans leur sens.
«C'est du nettoyage»
«À Brest, nous voulons sauver au moins six ou sept postes de plus. Ce plan social, c'est du nettoyage», estiment d'autres, en colère et prêts à porter l'affaire devant un tribunal pour
licenciement collectif abusif. «Sur les 26 salariés visés initialement, 16 sont des élus du personnel, des représentants syndicaux. Quand nous serons moins d'une cinquantaine à Brest, on nous
demandera d'aller travailler à Rennes, où des locaux seront vides (182 suppressions de poste sont programmées). Et certains d'entre nous ne pourront pas y aller». À Paris, hier matin, la
direction estrestée ferme sur les indemnités de départ. «Au départ, c'était 25.000€, prime légale comprise, pour tout le monde. Là, elle a procédé par tranche d'ancienneté. Pour les salariés
ayant moins de cinq ans d'ancienneté, elle a proposé 10.000 €. De 5 à 20 ans, 35.000 € et, pour plus de 20 ans, 40.000 €. Une position ferme etdéfinitive qui fut à deux doigts de marquer la
rupture des négociations avec des élus du personnel. «La direction aurait accepté d'yrevenir en fin d'après-midi», témoigne Patricia.
Grève reconduite aujourd'hui
Les syndicats ont également demandé à ce que l'âge des départs en retraite anticipés soit ramené à 56 ans au lieu de 59. «Cela concernait 122 personnes au lieu de 50 ans. La direction a refusé
catégoriquement», indique Thierry. Les grévistes ont décidé la reconduction du mouvement. «Nous voulons soutenir nos élus et c'est aussi l'unique façon de mettre la pression sur la direction. À
Brest, les livraisons ne se font plus; à Rennes, la production est à l'arrêt, et le service après-vente n'est plus assuré. Les clients commencent à se plaindre...», juge Patricia. Des conseillers
régionaux sont, hier, allés tôt à la rencontre des grévistes. «Ils vont discuter de la reconduction des subventions allouées aux entreprises de recherches, dont bénéficie Thomson-Technicolor. À
Brest, le secteur «Recherche et développement» n'existe plus, un laboratoire d'optique a été supprimé. Après, ce sera le tour de la production. La direction a dit qu'elle ne croyait plus en la
caméra sans fil, elle ne croit plus en la 3D, alors que c'est l'avenir...».