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blog du Npa 29, Finistère

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Ti Poupigou,Bégard (22)

Petit enfance. Les crèches grincent des dents (Le Télégramme)

8 avril 2010

Ti Poupigou, à Bégard, sera fermé aujourd'hui. Comme nombre de crèches de France. Un projet de décret donne des boutons aux professionnels de la petite enfance.


Plus d'enfants à accueillir avecdu personnel moins qualifié(*)... C'est bien simple: elles n'en veulent pas. Christine, infirmière et coresponsable du multi-accueil (nouvelle appellation des crèches et haltes garderies) de Bégard, Sylvie, éducatrice, et Josette, auxiliaire éducative, seront en grève, toute la journée, comme leurs cinq collègues (deux autres sont en congés).

La fin des activités?


Elles sont d'autant plus remontées que l'association, créée en 1985, venait de bénéficier, il y a deux ans, d'une splendide maison de l'enfance, grâce au Pays de Bégard et à la communauté du Centre Trégor. «C'est rageant. On a un équipement superbe, avec des salles multiples et adaptées aux diverses activités et âges, et on va être obligées de faire de la garderie dans une salle unique. D'un adulte pour huit enfants en moyenne - un pour cinq bébés -, on passerait d'un pour douze. C'en sera fini des activités d'éveil». Fini, disent-elles, le gâteau fait par les enfants, le mercredi matin, pour leurs copains écoliers accueillis l'après-midi, l'activité lecture avec la dame de Livre en bulles, bibliothèque itinérante, le jardinage dans le délicieux petit carré à ciel ouvert, les exercices de motricité, la peinture ou la visite aux anciens au foyer...


Couches «à la va-vite»


«Sans compter qu'on pourra moins s'adapter au rythme de chaque enfant. C'est ridicule. On vient de faire des stages insistant sur l'importance de parler aux enfants quand on les change. Désormais, il faudra changer les couches à la va-vite», souligne Sylvie. «Ce serait d'autant plus dommageable de ne plus avoir de temps d'écoute et d'échange, que l'on touche à une tranche de vie fondamentale pour l'enfant. C'est le démarrage de sa vie», ajoute Christine. Si ce décret est publié, la qualité de l'accueil, à l'ouverture et à la fermeture de Ti Poupigou risque également de se dégrader: «C'est un moment privilégié où l'on discute avec les mamans ou les papas, sur le sommeil, le comportement de leur enfant, sur les selles du bébé... Là encore, l'humain est essentiel. Une maman qui laisse son bébé de quinze semaines, ce n'est pas évident. C'est particulièrement important, à ce moment-là, de nouer une relation de confiance. Mais ce sera impossible s'il n'y a pas de collègue, derrière, pour s'occuper des enfants».


Sensibiliser les parents


Bref, les Bégarroises ont décidé de fermer, exceptionnellement Ti Poupigou: «On s'y est pris il y a quinze jours, pour que les parents aient le temps de se retourner». Elles espèrent, en tout cas, que lesdits parents comprendront les raisons de cette grève et qu'ils se sentiront concernés par la question.


* Actuellement devant le Conseil d'État, ce décret augmente la capacité des multi-accueils de20% et abaisse de 50 à 40% l'obligation d'employer du personnel très qualifié (éducateurs de jeunes enfants, auxiliaires de puériculture...) au bénéfice de titulaires du CAP Petite Enfance.

 

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Une nouvelle journée de grève dans les crèches (Ouest France)
jeudi 08 avril 2010

Des enfants plus nombreux, du personnel moins formé, un accueil de moindre qualité ? Les éducateurs le craignent. La secrétaire d'État, Nadine Morano, dément.

Journée portes fermées dans de nombreuses crèches, aujourd'hui. Les professionnels de la petite enfance - éducateurs, puéricultrices, auxiliaires de puériculture - sont en grève. Ils manifestent contre un décret annoncé dans les « meilleurs délais » par Nadine Morano, visant à assouplir les règles d'accueil. Une trentaine de rassemblements sont prévus.

« Une marge de manoeuvre »


La secrétaire d'État à la Famille et le collectif Pas de bébés à la consigne, déjà à l'origine de la bonne mobilisation du 11 mars, s'affrontent sur les conséquences du texte. Pour la trentaine de syndicats et d'association familiales qui composent le collectif, elles sont très claires : il y aura plus d'enfants à accueillir dans les crèches avec du personnel, globalement, moins qualifié. Résultat : la qualité de l'accueil des tout petits va se dégrader.


« Faux, faux et archifaux », martèle Nadine Morano. Qui met en avant la concertation  « un an et demi avec les professionnels et les collectivités » ainsi que la validation du projet, même s'il l'a jugé imparfait, par le conseil d'administration de la Cnaf (allocations familiales).


Sur le fond, la secrétaire d'État maintient que cela « ne modifie en rien le taux d'encadrement » d'un adulte pour cinq bébés et d'un adulte pour huit enfants qui marchent. Elle constate que le taux d'occupation moyen des crèches est de 67 %. Parfois, toutes les places sont occupées, parfois non. D'où « une marge de manoeuvre ».


« Des conditions déjà difficiles »


Nadine Morano propose, dans « ces zones libres », d'accueillir d'autres enfants « de manière temporaire et exceptionnelle pour rendre service aux parents ». Dans le jargon, le « taux d'accueil exceptionnel » serait de 10 % dans les crèches de moins de 20 berceaux, de 15 % de 20 à 40 berceaux et de 20 % au-delà de 40 berceaux. Avec l'objectif, en « optimisant les places existantes », de tendre vers une occupation mensuelle à 100 %. Bref, de rentabiliser au maximum les crèches.


Deuxième point d'achoppement, le niveau de qualification de l'encadrement. L'objectif du gouvernement est de passer le taux de CAP et de BEP de 50 à 60 % dans les grandes structures. Jusqu'à 30 berceaux, rien ne changerait. « Nous avons de grosses difficultés à recruter, cela empêche parfois l'ouverture de crèches », insiste Nadine Morano. L'enjeu ? « Recruter 60 000 personnes dans le secteur de la petite enfance d'ici à la fin du quinquennat pour faire face aux 200 000 offres de garde supplémentaires que nous allons créer. »


Au-delà du décret dont il demande l'abandon, sans trop d'illusions, le collectif Pas de bébés à la consigne souligne que l'accueil des jeunes enfants se fait déjà « dans des conditions très difficiles ». Et réclame « un plan d'urgence petite enfance ».


 

Hervé BABONNEAU.
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