blog du Npa 29, Finistère
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Rassemblement à terre, armada de pêcheurs, plaisanciers et kayakistes en mer... Le 13 mai, à Trébeurden (22), le Peuple des dunes en Trégor haussera le pavillon de la contestation. Objectif : stopper le projet d'extraction de sable coquillier en baie de Lannion.
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En 2007, ils étaient 12.000 à
manifester à Erdeven (56), pour faire plier (avec succès) les cimentiers Lafarge et Italcimenti. Combien seront-ils le 13 mai, plage de Tresmeur, à Trébeurden ? Bien décidé à enterrer le projet
d'extraction de sable coquillier porté par la Compagnie armoricaine de navigation (CAN-groupe Roullier), le Peuple des dunes en Trégor, né sur le modèle du Peuple des
dunes morbihannais, bat le rappel des troupes.
12.500 signatures
Pétition sur internet (plus de 12.500 signataires), distributions de tracts tous azimuts... Le collectif de 45 associations, né en janvier, ratisse large pour que le rassemblement, qui se tiendra
de 11 h 30 à 16 h 30, pèse dans le combat médiatique.
Défenseurs de l'environnement, Comité départemental des pêcheurs professionnels, Fédération nationale des pêcheurs plaisanciers et
sportifs... Le Peuple des dunes compte aussi dans son
sillage le soutien de Lannion-Trégor Agglomération et des 13 communes littorales concernées par la parcelle maritime visée, située à 6 km au large de Trébeurden.
Pour chacune de ces collectivités qui ont toutes voté leur hostilité au projet, l'État devrait réfléchir à deux fois avant d'autoriser la CAN et ses sabliers à extraire, après 2013, quelque «400.000 m³ de sable par an pendant 20 ans (8 M de m³)», comme le rappelle Alain Bidal.
Pour le président du collectif, qui a le sens de l'image, «cela signifierait extraire à l'année des volumes de matériaux supérieurs à celui de la tour Montparnasse». Inacceptable ? «Nous ne
sommes pas contre l'exploitation des ressources marines mais pas si près des côtes».
La CAN ne comprend pas
Alors que la CAN explique ne pas «du tout comprendre» la campagne médiatique entourant son projet, alors qu'elle rappelle que les matériaux extraits profiteront à «l'agriculture bretonne
(amendement)», et qu'il y va de la survie de son site de Pontrieux (une vingtaine d'emplois en jeu), le Peuple des
dunes bétonne son argumentaire, s'appuyant, entre autres, sur l'avis critique d'Ifremer.
«Préserver la côte»
Aux yeux du collectif, qui récuse l'avis favorable du commissaire enquêteur, transformer en carrière sous-marine la dune de Trézen ar Gorjégou, «dent creuse» de 4 km² située «pile entre deux
zones classées Natura 2000», pourrait avoir des conséquences irréversibles sur l'écosystème et l'économie.
«La dune (par 40 m de fond, ndlr) est l'habitat privilégié des lançons, du poisson fourrager, des lieus, des bars, lottes etc. La dune est aussi un lieu de pêche pour le homard, la
Saint-Jacques», souligne le Peuple des dunes qui se dit soucieux de l'avenir de la pêche, de la plaisance, du tourisme
mais aussi du trait de côte qui pourrait souffrir, par la disparition progressive de la dune, de modifications «d'amplitude de la houle».
À dix jours de l'événement, entre animations musicales, parades en mer et discours à terre, les organisateurs ne se disent «pas naïfs». Ce seul déploiement de force ne saurait garantir
l'ensablement du projet. Mais s'ils devaient aller plus loin et porter l'affaire en justice, ils se disent prêts.