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blog du Npa 29, Finistère

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Tunisie : tractations pour un gouvernement « propre » (Rue 89)

(De Tunis) Les contours du cabinet chargé de piloter la transition commencent à se dessiner, même si beaucoup d'incertitudes demeurent. Elles devraient être levées dans la journée de lundi. Le Premier ministre sortant, Mohamed Ghannouchi, qui a été confirmé dans ses fonctions samedi 15 janvier par le président par intérim Fouad Mebazaa, est à la manœuvre.

Il dirigera l'équipe qui préparera les premières élections libres et concurrentielles jamais organisées en Tunisie et dans le monde arabe. Tous les observateurs s'accordent pour juger que le délai de soixante jours fixé par le texte de l'article 57 de la Constitution est à la fois intenable et dangereux. Il ne faut pas s'attendre à des élections avant un délai de six à huit mois minimum.

Trois formations de l'opposition légale devraient participer

Trois formations de l'opposition légale devraient entrer au gouvernement : le Parti démocratique progressiste (PDP), de Néjib Chebbi et Maya Jeribi, le mouvement Ettajdid (l'ex-parti communiste tunisien), d'Ahmed Brahim, et le Front démocratique pour le travail et les libertés (FDTL), du Dr Mustapha Ben Jaâfar.

Des personnalités indépendantes, proches de l'opposition mais non encartées, devraient faire leur entrée au gouvernement ou être nommées à la tête d'instances stratégiques, avec rang de ministre.


Un nom semble presque d'ores et déjà acquis : celui de Yadh Ben Achour. Ce professeur de droit public, ancien doyen de la faculté de Tunis, est un sage qui a toujours conservé une farouche indépendance d'esprit. C'est l'un des intellectuels les plus respectés de Tunisie. Il hériterait de la présidence de la Commission des affaires politiques, qui sera chargée de la remise à plat de la législation sur les partis et du code électoral. Si elle venait à être confirmée, cette nomination constituerait une garantie fondamentale de la sincérité du processus en cours.

Des personnalités « propres » et « modérées »

Néjib Chebbi, le leader du PDP, serait pressenti pour occuper le poste de ministre du Développement régional. Son parti, qui est la plus développée des formations de l'opposition, possède des relais dans les régions et est l'un des rares à avoir alerté sur la gravité des déséquilibres régionaux, et sur les dangers de la fracture entre la Tunisie du littoral et celle de l'intérieur. Fracture tragiquement révélée par l'acte de désespoir du jeune Mohamed Bouazizi, qui a constitué, rappelons-le, l'étincelle de la Révolution tunisienne entamée le 17 décembre.

Mustapha Ben Jaâfar, lui, serait pressenti à la santé, une attribution naturelle pour ce professeur de médecine. Des personnalités « propres » et « modérées » de l'ancien régime pourraient sauver leur poste. Ainsi, Ahmed Friaa, nommé à la sauvette par Ben Ali au ministère de l'Intérieur, le 12 janvier, restera au gouvernement. Mais il pourrait changer d'attribution, et hériter d'un portefeuille qu'il déjà brièvement occupé par le passé : l'Enseignement.

Rassurer le patronat tunisien

Deux noms circulent pour les Affaires étrangères. Le premier est celui de l'actuel titulaire du poste, Kamel Morjane, une personnalité respectée et consensuelle, en dépit de ses liens familiaux avec le président Ben Ali [il a épousé la fille d'un cousin de l'ex-président, mais c'était il y a une quarantaine d'années, soit bien avant que ce dernier ne commence son ascension politique]. Le second est celui d'Ahmed Ounaïes, un ancien ambassadeur, proche de la gauche démocratique. Il tiendrait la corde.

Afif Chelbi, un technocrate intègre au profil rassurant –il est polytechnicien– pourrait rester à l'Industrie, ce qui enverrait un signal positif au patronat tunisien, totalement désemparé par la tournure prise par les événements.


La moitié des pontes de l'Utica, la centrale patronale, se sont plus ou moins compromis avec les familles de l'ancien régime, à commencer par Hédi Jilani, son président, en poste depuis 23 ans, et dont la fille a épousé Belhassen Trabelsi, le frère de l'ex-première dame. Jilani semble plus que jamais sur un siège éjectable.

L'identité des personnalités pressenties pour les ministères de souveraineté –Défense, Intérieur, Justice, et Economie– n'avait pas filtré à l'heure où nous écrivions ces lignes. Il y a toutefois bien peu de chances que ces portefeuilles atterrissent dans l'escarcelle des opposants.

La dissidence écartée

Les figures de la dissidence, comme Hamma Hammami (secrétaire général du PCOT, le Parti communiste ouvrier tunisien, non reconnu) et Moncef Marzouki (le président du CPR, le Congrès pour la République, idem), qui est encore, pour quelques heures, réfugié en France, n'ont pas été associées aux consultations…

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