blog du Npa 29, Finistère
Comment vivre ensemble sur un même territoire ? C’est bien l’objet de la politique ! A ce titre, le comité NPA de Lannion est bien dans son rôle de
dénoncer la propagation des algues vertes sur les côtes.
Depuis 1971 le problème a été posé plus d’une fois et il a fallu la mort d’un cheval pour relancer les prises de conscience. Mais la réaction de l’Etat, on l’attendra longtemps. Parce qu’il ne faut pas se voiler la face : tout ce qui favorise le système capitaliste (grosses entreprises agroalimentaires et industrielles) sera soigneusement accompagné par l’Etat. Tant qu’il ne sera pas mis un coup d’arrêt à l’agriculture intensive, le problème des algues vertes se posera longtemps encore.
Les structures étatiques et celles de l’Europe libérale en particulier, subventionnent l’agriculture intensive. Elles multiplient les directives étouffantes dont seules les grandes exploitations agro-industrielles profitent. Le soi-disant « capitalisme vert » que certains prônent reproduit déjà cette logique au profit des grands groupes, des lobbys phytosanitaires et agrochimiques (pesticides, OGM) !
Une autre politique agricole est possible et nécessaire pour préserver l’emploi et la ressource naturelle.
Que propose le NPA dans l’immédiat?
- Arrêt de l’élevage intensif hors sol
- Arrêt de vente de produits chimiques pour le traitement des parcelles et des élevages
- Arrêt de toutes les productions polluantes (industrielles et agricoles)
- Le NPA défend l’urgence à soutenir massivement des exploitations à dimension humaine et écologique, en coopératives, autogérées, avec un statut valorisé pour les « petits » paysans et les ouvriers agricoles.
Il préfère en sourire: «Il y a quelque temps, quelqu'un avait déversé du fumier devant chez moi. Et le fumier ça m'intéresse pour mes cultures. Mais là, des
roundballers de paille...». Hier matin, alors qu'il se trouvait dans son cabanon de la plage de La Granville, André Ollivro a été alerté par l'un de ses voisins, Alain Le Mouel, que trois grosses
bottes de paille avaient été déposées devant sa maison, à Morieux. Selon ce voisin, les faits se seraient produits vers 2h du matin. Même si le militant écologique, porte-parole de l'association
Halte aux marées vertes, refuse de dramatiser l'affaire, difficile de ne pas penser à une manoeuvre d'intimidation. D'autant plus qu'au début du mois, c'est un courrier anonyme qui est arrivé
dans sa boîte aux lettres. «C'était une page d'avis d'obsèques», relate André Ollivro. «Je l'ai déposée à La Poste pour essayer de savoir d'où elle venait. Apparemment de pas très loin». Au sein
de l'association, qui se bat contre la prolifération des algues vertes sur les plages, il n'est pas le seul visé. Il y a huit jours, un autre militant a retrouvé ses sacs d'engrais percés.
«L'intelligence paysanne doit reprendre le dessus»
«Après la médiatisation faite autour du décès d'un cheval sur une plage à Saint-Michel-en-Grève, je ne suis pas étonné de retrouver ça devant chez moi», continue le retraité d'EDF-GDF qui montre
du doigt les défenseurs de l'agriculture intensive: «Ils sont acculés. Ils savent qu'ils font des dégâts sanitaires. Maintenant, il ne faut pas que ça dégénère. L'intelligence paysanne doit
reprendre le dessus». Pour se prémunir contre toute action future, André Ollivro s'est rendu à la gendarmerie, hier après-midi. Les militaires ont enlevé les roundballers et le militant
écologiste décidera demain, avec eux, quelles suites judiciaires donner à l'affaire. En attendant, il a rendez-vous cet après-midi avec des journalistes de la BBC pour parler, encore et toujours,
des algues vertes.
17 août 2009 - Ler Télégramme
Si l'État français a décidé d'analyser la toxicité des algues vertes, il y est sans doute pour quelque chose. Inoxydable opposant à la centrale de Ploufragan, inlassable pourfendeur des algues «tueuses», André Ollivro, 63 ans, est l'une des figures de l'écologie dans les Côtes-d'Armor. Ses positions lui ont valu l'envoi de menaces de mort. Cette nuit, des bottes de pailles ont aussi été déposées devant son domicile.
Écolo, il l'est devenu sur le tard. Élu communiste pendant des années en région parisienne, André Ollivro aura attendu la retraite et son retour dans les
Côtes-d'Armor pour passer du rouge au vert. La petite histoire raconte que c'est un après-midi de 2000, lors d'une manifestation sur la «mal-bouffe» à Saint-Brieuc que la conversion s'est faite,
après avoir entendu un discours d'André Pochon, l'une des figures bretonne de l'agriculture durable. Depuis cette date, Ollivro «le coriace», comme il lui arrive de signer ses courriels, ne se
ménage pas pour alerter la population sur les dangers des algues«tueuses», fruits de «l'agriculture intensive» et dénoncer «l'inertie» de l'État.
Retour à la fac à presque 60 ans
Depuis son terrain, situé sur les hauteurs de la plage de La Granville, à Hillion, l'ancien ingénieur d'EDF-GDF a eu tout loisir d'observer leur prolifération. «Quand j'ai monté mon cabanon ici,
en 1968, les premières algues vertes faisaient leur apparition». Quatre décennies plus tard, le ballet des camions ramassant les algues se déroule, tous les matins, sous ses fenêtres. En 2001,
lorsqu'il fonde avec d'autres l'association Halte aux marées vertes, l'ancien gazier trouve rapidement un angle d'attaque: puisqu'à ses yeux, la France ne respecte pas les directives de Bruxelles
sur les nitrates, il faut la traduire en justice.
Persuadé que le salut ne passera que par la mobilisation citoyenne et par l'application des règlements européens, il décide alors, à presque 60 ans, de s'inscrire à
la faculté de droit de Saint-Brieuc, pour «comprendre les arcanes judiciaires». Troisans plus tard, quatre associations déposent plainte contre l'État. Et le 25octobre 2007, le tribunal
administratif de Rennes leur donne raison(L'État a, depuis, fait appel de cette décision,NDLR).
L'État réagit
L'été dernier, lorsque deux chiens meurent sur la plage de La Granville, après avoir inhalé l'hydrogène sulfuré émanant des algues en putréfaction, Ollivro s'active encore. L'ancien «adolescent
renfermé» rameute les médias, organise des rassemblements et interpelle préfet et élus. Pour un résultat mitigé. Mais fin juillet, lorsqu'un cheval succombe à son tour sur la plage de
Saint-Michel-en-Grève (22), les algues vertes se retrouvent partout à la une de l'actualité. Et cette fois, l'État français intervient et décide, la semaine passée, de lancer des analyses sur
leur toxicité.
«Il ne se décourage pas malgré les coups reçus»
«On a besoin de vrais militants comme André. C'est quelqu'un qui va jusqu'au bout, souligne AndréPochon. Il est volontaire, tenace et têtu». Seulement, au sein du microcosme écolo, même si
personne ne remet en cause son efficacité, certains militants reprochent à «l'électron libre» Ollivro ses emportements. On l'accuse également de se confondre parfois avec sa cause. «C'est
quelqu'un d'entier et de passionné. Porté par ses convictions», corrige un membre du Collectif urgence réchauffement climatique 22. «C'est toujours pareil, dès qu'un militant en fait beaucoup,
cela crée des jalousies, ajoute André Pochon. Moi, je suis plein d'admiration pour les gens comme lui qui ne décourage pas malgré les coups reçus».